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Bundesliga (J30) : Dortmund fait tomber Munich

par Paul Arrivé 13 Avril 2012, 17:30 Petit tour d'Europe

Au programme de cette trentième journée de Bundesliga : un rapide retour sur la journée (course à l'Europa League, bas de tableau), puis un large focus sur LE match de l'année entre Dortmund et le Bayern.

 
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Les enseignements du week-end

Le principal enseignement du week-end en Bundesliga, c'est bien sûr Dortmund qui s'envole en tête de la Bundesliga après sa victoire (1-0) face au Bayern (voir par ailleurs).

Derrière, M'Gladbach a pris un point à Brême, huitième (2-2) et garde un mince espoir d'accrocher la troisième place puisque Schalke 04, qui occupe le poste actuellement, s'est incliné (4-1) à Nuremberg (12e et quasiment sauvé).

Dans la course à l'Europa League, Stuttgart (5e) a fait un bon pas vers la qualification en continuant sa bonne série (3-1) à Augsbourg (15e, et en perte de vitesse actuellement, un point devant la place de barragiste). De son côté, le Bayer Leverkusen s'est rassuré face au dernier du championnat, Kaiserslautern (3-1) et conserve sa sixième place. Septième à la différence de but, Hanovre reste dans la course après sa victoire face à Wolfsburg (2-0), désormais dixième et à quatre points de l'Europa League. En neuvième place, grâce à un meilleur goal-average là aussi, on retrouve Hoffenheim, vainqueur (4-0) d'un Hambourg loin d'être sauvé (14e). Même score en faveur de Mayence (11e) face à Cologne (16e), qui a vu son entraineur Solbakken se faire licencier après cette défaite de trop. Enfin, Fribourg a un peu plus enfoncé (2-1) le Herta Berlin (17e) au Stade Olympique, et semble avoir définitivement évité la relégation.

 

L'événement du week-end

Mercredi, 22h, les joueurs ont quitté le terrain depuis plusieurs minutes maintenant mais la südtribüne du Westfalenstadion chante encore à la gloire du Borussia Dortmund. Ce qu'elle avait commencé à faire deux heures plus tôt, pour ne plus s'arrêter.

Fort de sa série de vingt-trois matchs sans défaite en championnat et ses trois points d'avance, le BVB partait au coup d'envoi avec un léger avantage sur le Bayern et ses cinq victoires consécutives...

Au niveau des compositions d'équipes, toujours privé de Götze, Jürgen Klopp aligne sans surprise son 4-2-3-1 habituel (Weidenfeller-Piszczek-Hummels-Subotic-Kehl-Gündogan-Grosskreutz-Kagawa-Blaszczykowski-Lewandowski). De son côté, Jupp Heynckes décide de laisser Schweinsteiger, pourtant rétabli, sur le banc. En revanche, le quatuor offensif Ribéry-Robben-Müller-Gomez est bien présent (Neuer-Lahm-Badstuber-Boateng-Alaba-Luiz Gustavo-Kroos-Ribéry-Müller-Robben-Gomez). Le décor planté, le top-spiel peut débuter...

Dès la cinquième minute, le BVB manque l'ouverture du score quand Grosskreutz voit sa reprise à bout portant sortie miraculeusement par Neuer sur sa ligne. Le Bayern est prévenu, Dortmund ne se contentera pas du match nul.

 

Le quart d'heure de jeu passé, le rythme tombe. Les joueurs du Borussia laissent le ballon à leurs adversaires qui ne savent pas vraiment quoi en faire... Leur jeu si rapide et bien huilé sur les ailes est complétement bloqué par les latéraux du BVB. Quand Piszczek et Blaszczykowski s'occupent de Ribéry à droite, Schmelzer et Grosskreutz musèlent Robben à gauche, et le Bayern ne trouve pas de solution. Alors à la demi-heure de jeu, Kroos prend ses responsabilités et tente sa chance des vingt-cinq mètres, dans l'axe. A côté. Cette frappe en signe d'impuissance sera la seule véritable occasion du Bayern dans cette première mi-temps. Le BVB en aura une autre à quelques minutes de la pause, Lewandowski voyant sa reprise de la tête s'écraser sur le poteau.

Avant le début de la deuxième période, en plus d'être hué pour avoir été le portier de Schalke 04, Neuer reçoit quelques bananes des supporters du Borussia (une tradition sans connotation raciste), et le match reprend. Le Bayern rentre mieux dans cette période et profite d'un coup de mou du BVB pour se porter un peu plus vers l'avant et priver leurs adversaires du ballon. Sans pour autant réussir à se procurer la moindre occasion dangereuse. L'entrée de Schweinsteiger en lieu et place de Müller à l'heure de jeu n'y fait rien.

A quinze minutes du terme, Jürgen Klopp décide à son tour de rebooster son milieu de terrain. Il fait entrer Leitner et Perisic à la place de Gündogan et Kagawa, en manque de jus après leurs excellentes prestations lors des dernières rencontres. De son côté Heynckes sort un Gomez parfaitement bloqué par Hummels et sevré de ballons, au profit d'Olic. Deux minutes plus tard, Leitner tire un corner repris par Grosskreutz depuis l'entrée de la surface... Couvert par Robben, Lewandowski dévie la trajectoire du ballon d'une subtile talonnade qui prend Neuer à contre-pied. 1-0, et le Westfalenstadion explose. A cet instant, le Bayern est relégué à six points du BVB.

Mais ce but est le coup d'envoi d'un dernier quart d'heure de folie. A la quatre-vingt-cinquième minute, Robben est accroché par Weidenfeller dans la surface. Le penalty est indiscutable et le hollandais décide de se faire justice lui même. Bien mal lui en a pris, puisque son « tir » est facilement stoppé par Weidenfeller, parti du bon côté. Et quand tous ses coéquipiers viennent le féliciter, Subotic préfère chambrer Robben, pour la forme. Mais le défenseur serbe aurait pu regretter ce geste puisque dans les arrêts de jeu (91e) il rate son intervention de la tête et envoie le ballon sur sa propre transversale. Robben est à la retombée mais, visiblement touché par ce penalty manqué, il expédie le ballon et les derniers espoirs de titre sur orbite. Une minute plus tard, Lewandowski est à deux doigts de s'offrir le doublé mais son piqué retombe sur la barre. Le dernier acte d'un thriller magistral clôturé par les trois coups de Knut Kircher (excellent au passage).

 
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Le Bayern se sera montré incapable de répondre à la maitrise tactique du BVB, qui aura parfaitement cadenassé les deux ailes. Ni Ribéry, ni Robben (voir « flop du match ») n'auront réussi à servir Mario Gomez dans de bonne conditions. Face à ce dernier, il faut noter la présence d'un grand Hummels, parfait dans ses interventions ou ses relances, et qui s'est même permis quelques sorties bien senties balles au pied. Dans l'ensemble, c'est toute la défense Borussen qui a réalisé une superbe performance (voir « top du match »). Devant, Lewandowski s'est montré extrêmement précieux dans son jeu dos au but. Il aurait pu mettre un triplé avec un peu de réussite, mais sa belle talonnade et les trois points devraient le contenter (voir « homme du match »).

Avec cette victoire (la quatrième consécutive face au Bayern), Dortmund prend six points d'avance sur son dauphin à quatre journées de la fin. Mais Achtung ! Le BVB se déplace à Gelsenkirchen pour le derby de la Ruhr face à Schalke 04 dès la trente-et-unième journée, et enchainera avec la réception de M'Gladbach. Alors même si le nombre de matchs consécutifs sans défaite des hommes de Klopp en Bundesliga vient de passer à vingt-quatre et qu'ils ont une main et quatre doigts sur le trophée de champion, « prudence est mère de sûreté »...

 

L'homme du match

L'homme du match, c'est sans aucun doute l'attaquant polonais du BVB : Robert Lewandowski. Pas seulement grâce à son but autant superbe que malin, ou parce qu'il a été l'homme le plus dangereux du match en touchant le poteau et la barre. C'est aussi et surtout car il a été extrêmement précieux dans son rôle dos au but... Excellent de la tête face à Badstuber et Boateng, parfait dans la récupération et conservation de balle sur le front de l'attaque, il a ainsi permis à son équipe de sortir rapidement et amorcer des contres tranchants. En inscrivant son vingtième but de la saison, il a définitivement prouvé qu'il faisait déjà partie des attaquants les plus complets en Europe. A 23 ans seulement...

Et avec l'Euro à domicile et des joueurs comme Blaszczykowski ou Piszczek avec qui il s'entend à merveille, on peut s'attendre à une grande compétition de la part de la Pologne...

 

Le top du match

Le top de ce match c'est la défense du Borussia Dortmund, qui a parfaitement bloqué l'armada offensive du Bayern Munich.

Les choix tactiques de Klopp ont payé. En obligeant ses latéraux à défendre à deux face à Ribéry ou Robben, il a ainsi empêché tout débordement des deux ailiers, si importants pour le Bayern, et coupé les trajectoires entre eux et Mario Gomez... Privé de ballon, le grand attaquant, si efficace dans les seize mètres, a passé une soirée cauchemardesque, ne se procurant aucune réelle occasion de but. La faute aussi à un très bon Hummels, qui ne l'a pas lâché d'une semelle en phase défensive. Finalement, les deux seules occasions du Bayern ont été un pénalty à cinq minutes de la fin du match et une reprise ratée dans les arrêts de jeu, qui faisait suite à un mauvais dégagement de Subotic. Un bon résumé de la performance défensive qu'a réalisé le BVB face à son dauphin...

 

Le flop du match

Le flop du match, c'est l'ailier droit du Bayern Munich : Arjen Robben. Cadenassé par la défense du BVB depuis le début du match, fautif sur le but de Lewandowski (il le couvre du hors-jeu), à la quatre-vingt-quatrième minute, Robben passe une soirée bien pourrie. Mais une minute plus tard, il arrive à se faufiler dans la surface adverse et obtient un pénalty indiscutable. La rédemption ? « C'est le moment de sauver ta soirée, Arjen » se dit-il en Hollandais, au moment de poser le ballon sur le point de pénalty. Mais, pas bien croisé, pas appuyé, Robben n'effectue pas un tir mais bien une passe en direction de Weidenfeller qui n'en demandait pas tant. Pire encore, Subotic en profite pour se foutre de lui.

Mais dans les arrêts de jeu, il peut tout effacer : le mauvais replacement, le match pourri, le péno... Il est le premier à la retombée d'un ballon dans les six mètres de Dortmund, Weidenfeller est au sol et les buts vides. Facile. Trop. Sa reprise envoie le ballon dans les nuages, direction Gelsenkirchen où il est attendu pour le coup d'envoi du derby de la Ruhr samedi. Robben peut s'en vouloir, car le Bayern vient de perdre quasi-toute chance d'être champion.

 


Article réalisé par Paul Arrivé
Crédit photos : DPA, Getty Images

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