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Coupe Davis : L'Espagne est si forte !

par Jérôme Collin 5 Décembre 2011, 12:00 TENNIS

En finale de la Coupe Davis à Séville, la sélection espagnole a remporté sa troisième victoire en quatre ans dans cette compétition. Nadal a livré deux prestations stratosphériques, tout comme Ferrer. Côté argentin, le double a entretenu le suspens, et Del Potro est allé au bout de lui-même.

 
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L'Espagne était favorite, et n'a pas fait mentir les nombreux pronostics qui la donnaient gagnantes. Nadal, Ferrer et l'ensemble de cette sélection espagnole n'ont pas manqué le rendez-vous et s'installent durablement au sommet de la planète tennis. Cette troisième Coupe Davis en quatre ans reflète la qualité de l'école de formation de tennis espagnole, et est annonciatrice d'autres succès encore.

 

  Vendredi 2 décembre  

 

Le suspens aurait pu ne pas durer longtemps. Vendredi soir, l'Argentine était déjà mené 2-0 et était déjà à un point de la défaite, et d'une humiliation totale. La faute à deux joueurs de terre battue tout simplement exceptionnels, Rafael Nadal et David Ferrer, qui ont fait craquer respectivement Juan Monaco et Del Potro, deux joueurs qui ne sont pas les plus mauvais sur terre battue.

 

Nadal donnait le ton le premier. Un premier jeu de service pour Monaco délicat mais remporté à l'arrachée. Et puis plus rien après. Nadal a déroulé, étalant sa panoplie de coups tous plus impressionnants les uns que les autres. Un premier set conclu 6-1, et un début de second mené tambour battant. Ce que l'on retient, c'est l'état d'esprit de l'Espagnol, conquérant, qui s'encourage, qui gesticule beaucoup plus qu'à l'accoutumée, qui se congratule après de nombreux points. Et Monaco a beau se faire plus agressif, rien ne peut renverser cette montagne Nadal. Le Majorquin reprend tout, se bat comme un beau diable sur toutes les balles, comme s'il avait renoué avec le jeu de ses 20 ans. Le deuxième set défile aussi vite que le premier, sur le même score. Juan Monaco se dirige lentement mais sûrement vers une raclée. L'Argentin paraît impuissant face à son adversaire, qui a retrouvé son fabuleux lift, ses attaques tranchantes, et un revers plus efficace.

Rafa propose un récital aux antipodes de ce qu'il a pu montrer ces derniers temps. Dans sa patrie, sur sa surface, il est injouable. En deux heures et 30 minutes, il met sur de bons rails sa sélection, et par la même se rassure (6-1 6-1 6-2).

 

C'est alors au tour de Ferrer et de Del Potro d'entrer dans le stade olympique de Séville. Ils y resteront près de cinq heures au total. L'Argentin n'arrive pas à rentrer dans son match, et laisse filer le premier set à l'Espagnol. Mais lorsque le géant de plus de deux mètres devient plus tranchant, commence alors une nette domination en sa faveur. Ferrer est débordé par les coups droits surpuissants de Del Potro. Ce dernier fait même la course en tête en remportant les deux sets suivants. Ferrer est au bord du gouffre. Mais une fois encore, l'Espagnol s'appuie sur ses ressources physiques et mentales pour inverser la tendance. Si David Ferrer est numéro 5 mondial, il le doit aussi bien à son bagage technique qu'à son abnégation, sa ténacité et son endurance hors du commun. Contre Del Potro, cela a fait la différence dans le quatrième set. Puis la manche décisive ne fut qu'une formalité pour l'Espagnol, tant son adversaire était sonné par ce scénario et au bout du rouleau. JMDP a laissé passer sa chance, et a sans doute ruiné les chances, déjà peu nombreuses, de son équipe. En effet, seule une équipe en finale de Coupe Davis a réussi à renverser la vapeur, lorsqu'elle était mené 2-0...

 
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  Samedi 3 décembre  

 

Seule rencontre de la journée avec le double, déjà décisif. On le sait, ce n'est pas le point fort des Espagnols, puisque la paire Verdasco-Lopez a tendance à prendre l'eau, comme elle l'avait fait contre Tsonga et Llodra en septembre dernier. Le double argentin a réalisé un match sérieux, peu ou prou inquiété par leurs adversaires. Lopez a tenté et réussi de belles choses, mais son compère est complètement passé au travers. Alberto Costa, le sélectionneur de cette équipe espagnole, devra la saison prochaine bâtir une autre paire de double, plus robuste avec un deuxième joueur rompu à cet exercice très difficile.

Eduardo Schwank et David Nalbandian ont maintenu leur équipe à flot, et entretenu le suspens. Ce dernier est même pressenti pour disputer le simple contre Nadal. En effet, Del Potro a disputé la veille un match éreintant, un véritable marathon, et a pris un coup sur la tête en s'inclinant face à Ferrer.

De leur côté, Nadal et Ferrer subissent un contrôle antidopage à l'improviste, en plein coeur du double. Scène surréaliste qui a le don d'agacer les deux protagonistes...

 
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  Dimanche 4 décembre  

 

Le nom du gagnant sera connu aujourd'hui. Soit dès le match 4, soit lors de la rencontre décisive, comme l'an passé entre la Serbie et la France. La confirmation tombe, Nadal se frottera à Del Potro. Une affiche alléchante dans un stade surchauffé. Nadal subit au début le même sort qu'il a infligé deux jours avant à Juan Monaco. Il s'empare du service de l'Argentin, puis encaisse sept jeux consécutifs. Agressif, percutant, Del Potro saisit la moindre opportunité et balle plus courte de son adversaire pour le punir. Nadal est incapable de prendre le jeu à son compte, et ne remporte aucun jeu de service, jusqu'à 2-1 dans la deuxième manche !! Le deuxième set est âprement disputé, et c'est finalement Del Potro qui abandonne son service, et laisse Nadal finir le boulot. À un set partout, la rencontre bascule alors dans la démonstration pour Nadal. Rassuré par son efficacité au service (dans le deuxième set, Nadal enchaîne 26 points sur son service, soit presque 5 jeux blancs!), Nadal profite aussi de la baisse de régime de son adversaire, épuisé par son combat de 5 heures contre Ferrer. Le troisième set est pour Nadal, sur un score sec (6-1).

L'Argentin ressurgit alors, et renoue avec la puissance et la justesse qui avaient fait tant de mal à Nadal dans la première manche. Del Potro mène 5-3 et a l'occasion de servir pour le set, et pousser le Majorquin dans ses derniers retranchements. Mais ce dernier se démène et fait preuve d'une combativité remarquable. Il inverse la tendance, et sert à son tour pour le gain du match.

Le scénario du match bascule alors encore plus dans le démentiel, lorsque Del Potro, dans un regain de fierté, s'empare du service de Nadal et s'offre le droit de disputer un tie-break... qu'il perd 7-0.

 

2011-12-04T203059Z_1_APAE7B31KZP00_RTROPTP_2_OFRSP-TENNIS-D.JPGNadal, Ferrer, Verdasco, Lopez et Costa, ainsi que les «aficionados» dans le stade peuvent chavirer de bonheur. Au terme d'un match époustouflant, et d'une finale de haute volée, grâce notamment à Juan Martin Del Potro qui se sera dépouillé pour au finale aucun point (quand même 9 heures de match cumulées!), l'Espagne affirme sa supériorité sur le tennis mondial.

 

Il sera intéressant de voir si cette victoire en Coupe Davis aura le même effet «thérapeutique» sur Nadal qu'elle avait eu lieu avec Novak Djokovic. Dans tous les cas, le Majorquin clôture une saison contrastée pour lui sur une note magistrale, de quoi lui donner une confiance en soi énorme.

 

Article réalisé par Jérôme Collin l Images : AFP/Reuters

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