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Coupe Davis : L’Espagne prend le large

par Gwendal Le Priellec 3 Décembre 2011, 08:00 TENNIS

Le saladier d’Argent au bout du week-end. Au terme de deux matchs à l’allure totalement différente, l’Espagne a d’emblée pris le large, remportant les deux simples de ce vendredi. Nadal d’abord, imité ensuite par Ferrer, ont refroidi d’emblée les ambitions des Argentins. Le double de ce samedi s’annonce d’ores et déjà décisif.
 
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 Espagne - Argentine : 2-0
 
Quand Rafael redevient Nadal
 
Oublié le Nadal de ces deux derniers mois, trainant ses malheurs sur les courts, usé physiquement et mentalement. La « passion » n’était même soit disant plus de la partie à Londres, qui a vu Nadal se faire terrasser sur un dur indoor qui lui réussit si peu. Oublié, rangé aux archives.
Il en faut peu pour rebooster un Majorquin, la recette est simple. Prenez une compétition par équipes, la Coupe Davis, dans laquelle l’Espagnol ne souffre d’aucun problème de motivation, lui qui est si fier de représenter les couleurs de son pays. Rajoutez-y le bonheur d’évoluer devant son public, et voici retrouvé Nadal. Séville, théâtre de la finale, Nadal y évolue comme dans son jardin … sur terre battue, surface bénie. Il ne fallait rien de plus pour retrouver le Nadal auquel nous étions habitués. Retrouvant d’emblée ses automatismes sur la surface, Nadal a été éclaboussant d’entrée. Une démonstration. 6-1, 6-1, 6-2, Monaco ne pouvait tout bonnement rien faire. Ne se procurant pas la moindre balle de break en trois sets, il ne pouvait assister qu’impuissant à la puissance d’un Nadal retrouvé, impérial au service, en fond de court et en défense. Points forts retrouvés, confiance engrangée.
Une promenade de santé pour celui qui n’a toujours perdu qu’un match en Coupe Davis, il y a sept ans désormais, pour son tout premier match dans la compétition. Magistral, il permet donc à l’Espagne de faire la course en tête dès le premier simple. Monaco n’a pas démérité face à l’Ibère mais il y a fort à parier que son opposition face à Del Potro, dimanche, sera d’un niveau plus huppé. Numéro deux mondial mais véritable numéro un de l’ocre, Nadal a une fois de plus fait mordre la poussière à son adversaire sur terre. Statistique ahurissante, il n’a toujours perdu au cours de sa carrière qu’un match en cinq sets sur terre battue. Et la série ne semble pas prêt de s’arrêter.
Nadal 1 - Argentine 0
 
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 Nadal magistral
 
Rafael Nadal: « J'ai fait un match très solide, je suis très heureux de ma performance. J'étais positif avant le match même s'il y avait beaucoup de tension. C'est une victoire très importante. Gagner sur un tel score face à un joueur aussi fort sur terre battue c'est fabuleux. J'étais désolé pour lui, c'est un de mes meilleurs amis, je l'ai vu dans les vestiaires après. Sur terre battue, j'ai plus de temps pour réfléchir et pour préparer le point. On peut se permettre d'enchaîner deux mauvaises frappes et d'être toujours dans le coup. En indoor, le point serait fini. Ca fait une grande différence et c'est un avantage pour moi. La terre battue me permet de jouer en étant plus détendu et avec plus de confiance. L'ambiance a été fantastique avec les supporteurs argentins et le public espagnol qui nous soutient énormément depuis notre arrivée à Séville. J'aime jouer devant un public aussi chaud, c'est un peu une atmosphère comme on peut l'avoir lors d'un match de foot. »
 
 
 
 
Le marathon pour Ferrer
 
A l’inverse du match entre Nadal et Monaco, l’opposition entre Ferrer et Del Potro fut beaucoup plus indécise. Cinq sets et presque cinq heures auront en effet été nécessaires à l’Espagnol pour se débarrasser d’une Tour de Tandil très menaçante mais à court physiquement en fin de rencontre.
Les supporters Espagnols présents au Stade Olympique de Séville ont de quoi avoir le sourire aux lèvres. Avec presque cinq heures de plaisir, ils auront vu la victoire de leur protégé au terme d’un match de haute volée. La confiance actuellement affichée par Ferrer aura certainement pesé lourd dans la balance. Malgré la fatigue accumulée lors du Masters, sa demi-finale londonienne ainsi que sa saison plus que régulière auront pesé mentalement. Del Potro était certes plus frais en face, mais en manque de compétition ces dernières semaines, comme cela s’est vu lors de deux derniers sets, perdus par l’Argentin.
De retour à son meilleur niveau, le vainqueur de l’US Open 2009 était proche de l’exploit face à l’actuel numéro cinq mondial. Mais usé physiquement par ce dernier, les cinq sets auront été de trop. L’Argentine n’y perd pas toutes chances de victoire finale mais y compromet cependant fortement ses chances de succès. Les Argentins n’ont désormais plus le droit à l’erreur, il leur faudra en tout premier lieu remporter le double avant de battre successivement Nadal et Ferrer. Pas une mince affaire. Mais il ne faut jamais dire jamais.
Avantage de plus pour l’Espagne, Del Potro aura certainement laissé de nombreuses forces dans la bataille avant d’affronter, probablement, Nadal qui n’aura pas puisé dans ses réserves dimanche lors des derniers simples. Mais Nadal reste lui aussi usé par sa saison ô combien éprouvante et tout reste donc possible.
Espagne 2 - Argentine 0
 
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 Ferrer apporte le deuxième point à l'Espagne
 
David Ferrer : « C'est une bonne journée! J'ai beaucoup couru pour battre Juan Martin. J'ai été très régulier et agressif pendant toute la partie. Au cinquième set c'est devenu plus facile pour moi car il était le plus fatigué de nous deux. Ca pourrait d'ailleurs nous servir dimanche si Rafa (Nadal) devait le rencontrer. J'ai toujours pensé gagner ce match, même si ça a été très dur. Le public m'a aidé, il a été énorme. Ca m'a permis de jouer peut-être le meilleur match de ma carrière. »
Juan Martin Del Potro : « On a vu que même en jouant un tennis incroyable on pouvait perdre contre l'Espagne. C'était un grand match. On a joué tous les deux un grand tennis pendant presque cinq heures. J'ai entendu David dire qu'il avait joué le meilleur match de sa vie. Mais on est toujours en vie. On a encore une chance. Je me sens fatigué. Mais si je dois jouer dimanche je serai prêt. »
 
Article réalisé par Gwendal Le Priellec | Images : L'Equipe

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