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Djokovic écrit l'histoire

par Loic Espitalier-Noël 29 Janvier 2012, 18:31 Grands Chelems

Novak Djokovic remporte l'Open d'Australie devant Rafael Nadal (5-7, 6-4, 6-2, 6-7, 7-5, 5h53) au terme de l'un des plus beaux matchs de l'Ère Open.

 

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Il est 1h30 ce lundi 30 janvier 2012 à Melbourne, la foule de la Rod Laver Arena acclame ses héros. Novak Djokovic est à terre, il exulte alors que Rafael Nadal est K.O debout. Le premier vient de remporter son cinquième titre du Grand Chelem, son troisième de rang. Il devient seulement le cinquième joueur à réaliser cet exploit, entrant dans un cercle prestigieux composé de légendes telles que Rod Laver, Roger Federer et autre Rafael Nadal. Mais il est de ces matchs où il ne devrait pas y avoir de vaincu, et il ne faut pas l'oublier, l'ogre Majorquin, qui s'est battu corps et âmes au même titre que le vainqueur du soir, aurait également mérité de soulever ce trophée.

Car ce match restera à coup sûr dans l'Histoire du tennis, comme le plus long match ici, à Melbourne, mais aussi comme la plus longue finale en Grand Chelem. Les deux hommes ont livré pendant 5h53 un combat titanesque, digne des plus grandes rivalités de ce sport.

 

“Nadal n'est une nouvelle fois pas passé loin de conjurer le mauvais sort”

 

Rafael Nadal n'est pas passé loin de conjurer le mauvais sort que lui inflige systématiquement le Serbe depuis maintenant un an. Il était bien parti, remportant le premier set en profitant des fautes directes inhabituelles de son adversaire. Le Joker a en effet mis du temps à rentrer dans le match, en étant pas le Djokovic intouchable de Wimbledon 2011 par exemple, commettant de graves erreurs, se faisant remonter de 5-3, service à suivre à 7-5 dans le jeu décisif du quatrième set.

Entre temps, il était redevenu le numéro un mondial que l'on connaît, conquérant, dès le retour de service, quoique bien aidé par la qualité moyenne de seconde balle du Majorquin. Et c'est en se battant comme un beau diable qu'il avait remporté le deuxième et le troisième set. Mais il s'était fait remonter, et l'Espagnol revenait de loin. Car on l'a tous vue au quatrième set, cette nouvelle défaite du taureau de Manacor, qui est allé arracher le droit de jouer un cinquième set au bout de lui même, après avoir eu à effacer trois balles de break consécutives qui aurait permis au Serbe de mener 5-3, service à suivre.

Oui, c'est bien pendant le cinquième set que les deux hommes ont fait l'histoire. Pour la première fois dans ce match, les deux hommes sont à leur meilleur niveau et bien plus encore en même temps. Les échanges sont longs, intenses, épuisants et incroyables de génie, comme lors de la finale du dernier US Open. Alors que Nadal breake pour servir à 4-2, puis se procure deux balles de 5-2, contre toute attente, Djokovic, que l'on croit absolument cuit physiquement, débreake, au bord de la rupture, pour relancer le match encore une fois.

Arrivés à 4-4, les échanges ne baissent pas d'intensité, et sont toujours aussi magnifiques. Après 5h30 de jeu, les deux joueurs, qui évoluent tous les deux sur une autre planète ce soir, joue le plus long point du match, avec 31 frappes, renvoyées dans le camp adverse à une vitesse supersonique. Djokovic craque finalement, s'allonge par terre de douleur alors que le Majorquin se tient les genoux. Les deux hommes ne vont plus tenir très longtemps. Nole se procure une balle de break qui anéantirait sans doute son adversaire. Mais ce dernier a encore de la ressource, et grâce à son instinct de survie, s'en sort grâce à sa première balle.

 

“Il ne peut pas y avoir deux vainqueurs”

 

Alors qu'il parvient enfin à faire le break pour servir pour le gain du match à 6-5, Djokovic craque complètement au moment de s'offrir deux balles de match, en smashant dans le bas du filet. On croit le match une nouvelle fois relancé avec une balle de débreak pour Nadal, mais c'est bien Djokovic qui est torse-nu trois points plus tard, pour aller fêter sa victoire avec les siens.

Alors ces deux hommes ont écrit l'histoire avec l'un des plus beaux matchs de tous les temps. Et le champion résume bien la soirée : “Ce soir nous avons fait l'histoire. Malheureusement, il ne peut pas y avoir deux vainqueurs”

 


Article Réalisé par Loïc Espitalier-Noël

Crédit photo : Reuters

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