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Interview avec un passionné de Roller Hockey

par Maxence Châble 11 Décembre 2011, 15:39 Roller hockey

Après leur second titre de champion de France consécutif, nous avions interviewé une partie de l’effectif des Artzak. Les Artzak, pour ceux qui ne connaitraient pas encore, ce sont des joueurs de roller-hockey qui évoluent tous à Anglet. La ville Basque est double championne nationale en titre et désormais, depuis deux semaines à présent, double vice-championne d’Europe. Avant de disputer leur choc face à Rethel, pour le « classico » du championnat Elite, quelques membres du groupe Angloy ont bien voulu répondre à nos questions après leur terrible défaite en finale de la Coupe d’Europe des clubs champions face à Valladolid, comme en 2010.

 

Après Julien Couraud, Kévin Chazalon, Jeff Ladonne, Karl Gabillet, et Jérémy Lapresa, un expert et passionné de Roller Hockey nous livre ses impressions après la finale d'Anglet face à Valladolid. Pour des raisons encore obscures, il souhaite rester anonyme. Mais nous vous donnons un petit indice : il travaille chez nos confrères de Roller Hockey And Fun.

 

 

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Culture Sport : Déjà, que penses-tu du vainqueur, Valladolid ? Trouves-tu ça bien qu'ils fassent venir des internationaux juste pour ce week-end là ?
S.F. : Tout d'abord, Valladolid avait un très gros effectif d'étrangers. A commencer par le meilleur gardien du monde Roman Handl (Tchèque) qui a tout gagné en 2010-2011 (Champion d'Espagne, Coppa del Rei, Coupes d'Europe des Champions, Championnat du monde IIHF et FFRS), deux américains dont Nathan Sigmund qui est sans aucun doute l'un des meilleurs joueurs au monde et de nombreux autres tchèques. Ces derniers sont venus juste le temps du week-end. Valladolid exploite les failles d'un règlement international qui se doit d'evoluer en  même temps que notre jeune sport. Valladolid a les moyens financiers de faire venir des "mercenaires" pour acheter ce titre, pratique utilisée bien avant eux par les italiens d'Asiago. Malgré tout, ils n'ont pas dominé outrageusement la compétition, Angers est peut-être l'équipe française qui leur aurait posé le plus de problèmes grâce à l'efficacité de son jeu en puissance.

Culture Sport : Ensuite, qu'a-t-il manqué à Anglet pour gagner la finale ?
S.F. : Un ouvre boite !
En dehors des Suisses de Laupersdorf, le niveau était homogène. Les victoires se sont souvent jouées à rien, un but d'écart. Le niveau de jeu a encore augmenté par rapport à l'an dernier mais on assiste à un virage important et peut-être inquiétant pour notre sport. Il y a eu très peu de buts car les équipes adoptent de plus en plus un système ultra défensif en carré, appelé la boite. Avec des joueurs d'un niveau international, il devient alors très difficile de rentrer dans cette boite, et c'est encore plus dur de scorer car le niveau des gardiens est lui aussi en hausse. Si l'on fait abstraction du premier but casquette encaissé par Anglet, le score final serait de 1-0. Ce qui a manqué à Anglet c'est tout simplement de l'efficacité en powerplay. Les angloys n'ayant concrétisé aucune de leurs supériorités numériques, pas même un 4 contre 2. A ce niveau, si l'on ne score pas en powerplay, on ne peut pas gagner.
L'an dernier la finale s'est soldée sur un 9-8 de mémoire (ndlr, 7-6 en vérité), 17 buts (ndlr, 13 donc) contre 2 cette année, c'est un signe inquiétant à mon sens.

Culture Sport : La France avait 3 clubs en demi-finale (Angers, Rethel, Anglet). Caen a gagné l'autre coupe d'Europe face à Grenoble. Pourquoi, selon toi, les équipes françaises sont aussi bonnes ?
S.F. : Cela est essentiellement dû au travail réalisé depuis des années par les dirigeants de notre sport. La France est mondialement reconnue pour avoir le meilleur championnat en termes d'organisation et de structuration. Mais le niveau des différents championnats ne cesse d'augmenter d'une année à l'autre. Sur six clubs engagés cette année dans les deux coupes d'Europe, cinq équipes sont sur le podium. Les autres pays sont à la traine, mais le principal soucis vient à mon sens de pays comme la Suisse, l'Allemagne, ou la République Tchèque, pour qui le roller hockey est un sport pratiqué l'été par les glaceux. Le reste de la saison, ils sont sur la glace et les clubs de roller ne peuvent donc pas présenter des équipes compétitives à cette période de l'année, comme Lauperdorf pour en citer un.
Les instances internationales réfléchissent à une autre formule, une coupe d'Europe qui ne se jouerait plus sur un week-end mais plutôt sur plusieurs rencontres en aller/retour comme le font la plupart des sports.

Culture Sport : Un petit mot sur le championnat, une question simple, qui va gagner ?
S.F. : Rethel a régné pendant une décennie sur notre sport, Anglet a pris le relais depuis deux ans, mais bien malin celui qui pourra donner le nom du champion. Nous sommes à mi-parcours de la saison et les favoris que sont Rethel et Anglet ont déjà perdu au moins une fois, chose quasiment impensable les années précédentes. Le champion sera sans doute l'une de ces deux équipes, mais Angers et d'autres pourraient bien créer la surprise, surtout avec l'instauration des play-offs depuis l'an dernier !

 

 

Propos recueillis par Maxence Châble I Image : Facebook de Mike Campanaro

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