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Les Experts n'ont plus le choix

par Jérôme Collin 18 Janvier 2012, 16:00 HANDBALL

Battue pour son premier match de l'Euro, l'équipe de France de handball masculin n'a plus le droit à l'erreur. Elle doit remporter impérativement ses deux prochains matchs, et à commencer ce soir face à la Russie. Problème : la Russie est revancharde et a des ambitions dans ce tournoi.

 
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Jamais le danger n'avait plané aussi tôt sur les têtes des handballeurs français. Depuis 1993, l'équipe de France n'avait jamais perdu son match initial de n'importe quel tournoi, s'assurant à chaque fois des qualifications pour les tours suivants plus tranquille. La sérénité, les Français ne l'auront sans doute pas ce soir, à 18 heures 15, lorsqu'ils pénétreront dans l'enceinte du stade de Novi Sad. Car l'enjeu est déjà capital pour les Bleus : leur survie dans ces championnats d'Europe.

 

On les disait ultra-favori, presque sans concurrence, même si cette dernière se montrait déterminée à enfin mettre un terme à la suprématie française sur le handball mondial. L'Espagne a déjà brisé l'invincibilité française en compétition officielle qui durait depuis trois ans déjà. Alors pourquoi la Russie ne pourrait pas également stopper la marche effrénée de cette équipe de France, dès ce soir ?

 

Les Bleus ont manqué de tout face à l'Espagne, lundi, en ouverture de sa compétition. De réussite en attaque, d'agressivité en défense, d'adresse aux tirs. Surtout, les cadres ont failli dans l'ensemble, avec un  Nikola Karabatic réduit à une portion congrue, trois buts seulement. Dans les cages, Thierry Omeyer n'a pas eu son rendement habituel, avec trois petits tirs arrêtés seulement, soit un pourcentage d'arrêt de 12%... Quand on sait que les spécialistes estiment qu'un gardien dont ce pourcentage d'arrêt est inférieur à 30 voire 40% fait perdre son équipe, on comprend mieux pourquoi la France a déjoué. Finalement, Luc Abalo et Jérôme Fernandez ont sauvé les meubles parmi les ténors de cette formation. Au-delà des pertes de balles stupides mais parfois inévitables, c'est principalement l'état d'esprit des Bleus qui a déçu, cette flamme qui caractérise si bien cet effectif. Cette envie de jouer, d'aller au contact et de tout gagner. Claude Onesta, sélectionneur de l'équipe de France, s'est montré d'ailleurs plutôt sévère vis-à-vis de ses joueurs, reprochant notamment à William Accambray son relâchement et son attentisme («Il (Accambray, ndlr) est arrivé en pensant que tout l'attendait, que tout allait être ouvert devant lui. Mais on n'intègre pas l'équipe de France avec une carte de visite»). À leur décharge, le dernier match officiel des Bleus, en compétition, remontait à presque un an, et la finale des championnats du Monde, remportée à l'arrachée face au Danemark. Se remettre dans le bain ne fut donc pas aisé pour les tricolores. Les résultats des grosses écuries, à l'instar de la Croatie et du Danemark, tendent en ce sens, car les Croates se sont péniblement imposés pour leur premier match, tandis que les Danois ont carrément perdu face à une étonnante équipe serbe, évoluant il est vrai devant son public.

 

Les Bleus doivent dans tous les cas rebondir ce soir face à la Russie. Nul doute que les Experts seront motivés et auront à cœur d'effacer la défaite contre l'Espagne, ou tout du moins de passer à autre chose. L'effectif français s'est succédé en conférence de presse, annonçant avoir «été vexé» et vouloir «redevenir des chiens fous». Mais les actes doivent suivre les paroles. Et ce ne sera pas une mince affaire que de venir à bout des Russes. Certes, la sélection russe n'a rien à voir avec celle d'il y a une décennie, mais elle veut prouver, dans un premier temps dans ces championnats d'Europe, puis aux Jeux Olympique si elle se qualifie, de son retour au premier plan. Physique plus que technique, la Russie posera essentiellement des problèmes d'agressivité aux Bleus, qui devront impérativement répondre à ce défi pour pouvoir prendre le dessus.

 

Le temps presse déjà pour les Bleus, et la victoire n'attend déjà plus. Sous pression, les Bleus devront donc montrer leur force de caractère et une motivation intacte, au risque de prendre la porte. La fin de parcours est plus proche que jamais, mais dos au mur, les Bleus ne sont jamais aussi forts.

 


Article réalisé par Jérôme Collin

Crédit photo : AFP

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