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Les Hommes qui ont marqué 2011 : Bogomolov, une ascension sur le tard (13/15)

par Gwendal Le Priellec 17 Décembre 2011, 09:00 TENNIS

Inconnu du bataillon à l’orée de la saison, Bogomolov, pourtant vingt-huit années au compteur, vient de vivre l’année la plus riche de sa carrière. Une révélation sur le tard pour ce joueur américano-russe peu connu du grand public mais au talent certain. Une progression de 132 places cette année au classement fait de lui l’une des plus grandes révélations de la saison.

 

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166e au classement fin 2010, le voici désormais 34e mondial. Mais un tableau de chasse qui cependant continue de résonner creux. Bogomolov n’avait jusqu'à alors glané aucun titre sur le circuit professionnel, ni même atteint une finale. 2011 n’aura pas fait exception, laissant désespérément vide sa besace. Toutefois, l’Américain a su se montrer opportuniste et a développé un jeu beaucoup plus solide et affuté. Le voici désormais aux portes du Top 32 mondial, ce qui lui vaudrait l’honneur d’être tête de série lors des tournois du Grand Chelem.

 

 

Des matchs références contre tremplin pour progresser

A l’aise sur dur, comme tout Américain qui se respecte, Bogomolov construit sa réussite sur des matchs références. Il peine en effet à enchaîner les bons résultats et ses quelques bons résultats se suivent souvent de contre performances. A l’image de sa saison, à l’image de sa carrière.

Des matchs clés, primordiaux pour la confiance, le droitier américain va en avoir à la pelle en début de saison. Pour son premier tournoi de l’année, à Zagreb, il épingle ainsi Petzschner. Il enchaîne ensuite avec Miami, où Murray tombe face à la vivacité de ses coups pour ce qui restera sa performance majeure de l’année. Battre le numéro quatre mondial, qui sortait tout juste d’une finale à l’Open d’Australie n’est en effet pas donné à tout le monde, qui plus est lors d’un Masters 1000.

Bogomolov va ensuite enchaîner les tournois Challenger, de seconde zone, moins prolifiques en terme de point, mais parfaits pour engranger de la confiance et enchaîner les matchs. Il se hissa à deux finales, toutes deux perdues, à Sarasota et Prague, avant de perdre d’entrée Porte d’Auteuil, pour ce qui était son premier Grand Chelem depuis 2006 !

 

Le gazon pour relancer la machine

Fraichement arrivé dans le Top 100 (84e mondial), Bogomolov aborde la saison sur gazon motivé comme jamais. Une motivation qui portera ses fruits. En effet, à Hertogenbosch, Chardy fut notamment effacé des tablettes par le natif de Moscou. A Wimbledon, petit évènement, Bogomolov franchi pour la seconde fois de sa carrière le premier tour d’un Majeur.  Il fit même mieux que cela, laissant sur place Chela, tête de série numéro vingt, lors du deuxième tour, avec une victoire nette en trois sets. Il ne pourra rien en revanche, face à Berdych, au troisième tour, mais réalise cependant son meilleur Grand Chelem en carrière.

 

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Le dur pour finir le travail

Désormais soixante-troisième mondial et poursuivant inlassablement sa progression vers les sommets, Bogomolov attaque le dur plus affuté que jamais, comme un jeunot qui découvre les joies du circuit professionnel à pourtant 28 ans. A l’image de son début de saison, Bogomolov ne va pas réaliser de grosses prestations à l’échelle d’un tournoi mais plutôt une succession de bonnes performances à l’échelle de quelques semaines. La régularité à cour terme, voila le principal défaut de l’Américain.

A défaut de squatter les places d’honneur, Bogomolov va néanmoins grappiller de précieux points au classement. Une demi-finale à Los Angeles, un huitième de finale à Cincinnati, un troisième tour à l’US Open, un huitième de finale à Tokyo, un quart de finale à Moscou, une demi-finale à Saint Pétersbourg, la récolte est globalement satisfaisante. Dimitrov, Bellucci, Tsonga, Nieminen, Granollers, Lopez, autant de noms prestigieux courberont ainsi l’échine.

Bogomolov conclue sa saison à Paris Bercy, après une défaite lors du deuxième tour face à Tipsarevic. Le 31 octobre, après sa demi-finale perdue en Russie à Saint Pétersbourg, Bogomolov obtient le meilleur classement de sa carrière, à savoir une place de troisième mondial. Il finira l’année un échelon plus bas mais là n’est pas l’essentiel.

Une régularité sur le plus long terme, un enchainement des matchs avec des résultats qui s’en suivent, voila ce qui manque à Bogomolov pour aller titiller les tous meilleurs. De bonnes performances tout au long de la saison, notamment une belle victoire sur Murray en hiver ou une folle saison d’été sur dur, lui auront permis de gagner la bagatelle de 132 places, excusez du peu.

 

 

Bogomolov en 2011, c’est :

·     48 matchs disputés sur le circuit principal (69 matchs avec les tournois Challenger) : 27 victoires, 21 défaites, soit 56% de victoires.

·     Aucun titre, aucune finale disputées.

·     Trente-quatrième  mondial au terme de la saison, soit 132 places de gagnées par rapport à 2010 (164e).

·     Meilleure performance en grand Chelem avec un seizième de finale à Wimbledon et à l’US Open.

·     28 tournois disputés

·     Devenu sélectionnable avec l’équipe de Russie en Coupe Davis, ayant la double nationalité et n’étant pas sélectionné avec les Etats-Unis.

·     Un premier titre … en double ,à Atlanta, aux côtés de Matthew Ebden. Il obtient d’ailleurs son meilleur classement en double, avec une 100e place mondiale.

 

 

Article réalisé par Gwendal Le Priellec | Images : Reuters, Site Officiel de Wimbledon.

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