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Philippe Gilbert, l'eau qui dort ?

par Julien Detroz 10 Mars 2012, 13:00 CS BELGIQUE

Tirreno-Adriatico, première étape : les BMC s’élance pour le contre-la-montre par équipe. On retrouve parmi les partants le champion de Belgique de l’effort solitaire, Philippe Gilbert. Dix kilomètres plus tard, le porteur du maillot tricolore ne peut suivre le rythme de ses équipiers. L’image interpelle. Ce n’est pas le Gilbert habituel, celui qui a la rage de vaincre, assoiffé de succès. D’autant plus que son premier objectif de l’année approche à grand pas…

 
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La comparaison avec 2011

Philippe Gilbert, c’est un quadruplé ardennais, deux titres de champion de Belgique, une étape du Tour de France, un statut de numéro un mondial et un florilège d’autre succès importants. Tous ces succès ont été glanés en 2011. Étant en pleine maturité sportive, le Belge a impressionné de par sa fringance sur les terrains vallonnés. Il est donc évident que le public attend beaucoup de lui pour la nouvelle saison. Ayant entre temps changé de formation, Gilbert a repris le chemin de la compétition à l’occasion du Tour du Qatar, une épreuve qu’il affectionne tout particulièrement. Cette course venteuse l’a avantagé, sans pour autant être percutant. C’est une tradition chez le Remoucrastien. Il aime commencer en douceur, loin de la pression du mois d’avril et de ses classiques médiatisées. Et pourtant, les premiers sceptiques ne peuvent s’empêcher de comparer ses résultats à ceux de 2011. L’an dernier, Gilbert n’était pas invité sur l’épreuve qatarie. Il a avait dû faire ses premiers tours de roues en Algarve. Et dès la première étape, il s’y était imposé, sur un final pourtant favorable aux sprinteurs.

 

Une préparation inhabituelle

A l’issu de Tour du Qatar, Gilbert et son ami Hushovd ont décidé de suivre un programme atypique. Au lieu d’accompagner leurs équipiers en Oman, les deux Monégasques ont pris l’avion direction le Haut-Var. Prétextant s’adapter à des conditions climatiques plus fraîches, les deux BMC abordaient l’épreuve provençale comme les grands favoris au départ. La première journée devait sourire au Norvégien, mais une échappée a contredit les plans des sprinteurs puncheurs. Qu’à cela ne tienne, avec une arrivée similaire au Mur de Huy, Philippe Gilbert se présentait comme un candidat sérieux pour l’étape du lendemain. Mais à l’arrivée, ce n’est pas le BMC qui arrive en solitaire, mais bien la révélation Tiernan-Locke. Le champion de Belgique termine la course bien plus tard, dans le peloton des battus. Etonnant pour le Wallon, pourtant taillé pour ce genre d’arrivée. L’intéressé ne s’alarme pas et prétend considérer la course comme un ultime entraînement avant les choses sérieuses. Sauf qu’une semaine plus tard, sur le Circuit Het Nieuwsblad, Gilbert, discret, ne fait pas partie du bon groupe. Même scénario sur les Strade Bianche. Puis arrive ce fameux contre-la-montre de Donoratico sur le Tirreno-Adriatico où le champion de Belgique du chrono est incapable de suivre ses équipiers, attitude inhabituelle du « nouveau cannibale ».

 

Un timing différent ?

A pareille époque, le numéro un mondial en titre comptait déjà trois bouquets l’an dernier. Gilbert, se plaignant des dents, tente de répondre à ses détracteurs. « Je suis exactement dans le timing que j’avais imaginé en sachant que la saison sera très longue avec, comme ambitions principales, le Tour, les JO et le Mondial de Valkenburg. Je n’ai pas envie de me griller d’emblée. Je n’ai pas encore atteint mon poids de forme » ajoute l’intéressé. En effet, Gilbert ne veut sans doute plus revivre la fin du mois de septembre 2011. Il sait que sa première partie de saison sensationnelle l’a carbonisé. Incapable de sortir du peloton au Mondial de Copenhague, il fût ensuite inexistant sur les classiques d’automne. John Lelangue, son nouveau directeur sportif chez BMC, l’a sans doute conseillé de mieux gérer son année, avec en point d’orgue un maillot arc-en-ciel à la clé. Lelangue se veut d’ailleurs confiant envers son coureur. « Il se testera plus que probablement dans les étapes d’Offida ou de Chieti » déclare l’ancien consultant de la RTBF. Et justement, Chieti, c’est demain ! Verra-t-on enfin le Gilbert de 2011 ? Sera-t-il prêt d’ici Milan-San Remo, premier objectif avoué de la saison ? A-t-il réellement cherché un début d’année sans coup d’éclat ou s’est-il surestimé durant la préparation hivernale? Méfiez-vous de l‘eau qui dort dit le proverbe…

 


Article réalisé par Julien Detroz
Crédit photo : Site officiel du BMC Racing Team

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