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Sylvain Georges #1 : "Rejoindre une équipe World Tour, une victoire pour moi"

par Julien Aernouts 24 Janvier 2012, 20:00 Carnets de route

Lors cette saison 2012, nous allons suivre un coureur de l'équipe française Ag2r la Mondiale, il s'agit de Sylvain Georges, qui a gentiment accepté notre demande de carnet de route. Alors qu'il va débuter sa saison au Tour de San Luis aujourd'hui, voici ce qu'il nous a confié avant de prendre le départ de cette course assez exotique. A commencer par une saison 2011 durant laquelle il s'est fait remarquer sous le maillot de BigMat, avec plusieurs victoires, jusqu'à son programme de course pour le début de saison.

 
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Culture Sport : Pour te présenter aux lecteurs, peux-tu nous décrire ton parcours particulier jusqu'à cette arrivée chez BigMat ?

Sylvain Georges : Tout commence à l'âge de huit ans par le tennis, puis pendant trois ans. Le karaté prend le relais pendant cinq ans. J'obtiens la ceinture marron et décide de stopper, car je n'avais pas d'adrénaline avec les coups qui devaient être stoppés, et la compétition ne m'intéressait pas plus que cela. Par la suite, je me mets au BMX pendant six ans. A la suite d'une mauvaise chute, j'ai été obligé de stopper cette discipline. Quelques mois après ma blessure, je me lance dans le VTT. Cela se passe plutôt bien, car dès la première course, je gagne. Et de fil en aiguille, je décide de passer en FFC et d'intégrer le pôle espoir du Limousin. Après deux ans de VTT, le comité du Limousin décide de m'emmener à une manche du challenge 19-20 ans sur route. Et c'est à partir de là que la fièvre du chrono a commencé. Je stoppe le VTT l'année suivante pour faire de la route. Je passe de niveau national en élite 2 dans l'année. Les courses s'enchainent et Bernard Bourreau me prend dans l'équipe Nationale. Il m'a fait confiance malgré le fait que j'avais peu d'expérience. Depuis mes débuts au pôle espoir, Nicolas Ollier est mon entraineur et c'est aussi un ami très proche. Au niveau des études : j'ai fait BEP mécanique travaux publics et parcs jardins à Gannat.

Puis à Guéret, au pôle espoir pour suivre un bac pro mécanique automobile. Je finis mon cursus scolaire par un BTS Force de vente. A l'issue de ce diplôme, j'ai eu de nombreuses propositions de travail. Je décide d'opter pour un poste de commercial dans l'importation automobile. Après une année, Jean Philippe Duracka m'a fait passer le stade des pros avec A-Style. Malgré une mauvaise expérience, cela m'a permis de progresser. Après cette année, je redescends amateur et décide de monter une agence de négoce automobile. Puis après ces deux ans, me revoilà avec BigMat et Stéphane Javalet qui m'a fait confiance.

 

Culture Sport : Il y avait l'air d'avoir une très bonne ambiance chez BigMat (vidéo bêtisier, avec Sylvain en tant que metteur en scène), tu le confirmes ?

Sylvain Georges : L'ambiance au sein de l'équipe est incroyable. C'est détendu, une ambiance collégiale. Le lipdub était un moyen de développer encore plus la cohésion de groupe avant un France. C'était aussi un délire qui m'était passé par la tête après mes victoires au Rhône Alpes. Même les plus anciens n'ont pas connu pareille ambiance.

 

Culture Sport : Avec qui avais-tu le plus d'affinités au sein de l'équipe BigMat ?

Sylvain Georges : C'est avec Maxime (Medérel) avec lequel j'avais le plus d'affinités. Nous avons la même vision des choses sur le vélo. Nos opinions sont souvent similaires. Ses valeurs me plaisent beaucoup car je les partage. C'est un ami, bien plus qu'un copain. Dans certaines situations nous n'avons pas besoin de parler, un regard nous suffit. Je m'entendais super bien aussi avec le staff. Des bons mecs qui profitent de la vie, tout en travaillant. Nous étions très complices.

 

Culture Sport : GP Marseillaise, première course sous les couleurs de BigMat et déjà une deuxième place.

Sylvain Georges : Oui, la forme était là, l'envie aussi. Je ne pensais pas faire un résultat comme ça pour mon retour, et j'ai été très heureux de cette place.

 

Culture Sport : Sur le Rhône Alpes Isère Tour, une course qui te réussit depuis deux ans, tu étais vraiment très fort ! C'était l'un des objectifs de ta saison ?

Sylvain Georges : Le second et je suis très heureux de ce résultat !

 

Culture Sport : Avec notamment une victoire d'étape, en dépassant Thibaut Pinot dans une descente de col sous la pluie.

Sylvain Georges : Oui, à un kilomètre du sommet, j'ai préféré me relever pour retrouver un peu de lucidité, afin d'être à 100% dans la descente J'avais les pneus pluie, et j'ai retrouvé de bonnes sensations dans le pilotage, puis quand je l'ai rattrapé, assez rapidement, et à partir de là, j'ai commencé à suivre les motos de la gendarmerie afin d'avoir les meilleurs trajectoires et freinages possibles, j'ai fait beaucoup de moto, et j'ai beaucoup appris, car en moto la moindre erreur coute plus chère que sur un vélo, alors de nombreux conseils de pilotes m'apportent énormément sur mon vélo, surtout sur sol mouillé, où je vais souvent un peu trop fort..

 
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Culture Sport : Le GP Plumelec, nouvel objectif et la plus belle victoire de ta carrière au bout.

Sylvain Georges : Oui, pas forcément mon objectif, disons que j'ai voulu continuer sur ma lancée, la forme était là, et ça a payé. L'équipe a fait un gros job, heureusement qu'ils étaient là.

 

Culture Sport : Quelle a été ta préparation hivernale ?

Sylvain Georges : En hiver, je pratique le ski de fond, la musculation, les sports collectifs, le squash et le VTT.

 

Culture Sport : Après pas mal de galères en 2007 et 2008 notamment, intégrer l'une des dix-huit meilleures équipes au monde (World Tour), est une certaine forme de victoire pour toi ?

Sylvain Georges : Oui, c'est une forme de victoire pour moi, ma famille et mes proches. Une certaine revanche face à certains qui pensaient que je coulerais gentiment. C'est une victoire aussi pour les personnes qui me soutiennent, à l'exemple de mon entraineur qui est là, à mes côtés depuis sept ans.

 

Culture Sport : Tu retrouves Jean Christophe Peraud (voir photo ci-dessus), avec qui tu as déjà couru au Creusot. Vous vous entendez plutôt bien sur le vélo… et en dehors?

Sylvain Georges : Oui, avec JC on s’entend très bien sur et hors du vélo. Nous concevons le sport de la même manière. Nous avons de nombreuses idées communes, ce qui a fait que nous nous sommes appréciés sans doute. JC est un exemple de sérieux à suivre et j'aimerais vraiment un jour réaliser ce qu'il fait.

 

Culture Sport : Enfin, ton programme de course pour le début de saison.

Sylvain Georges : Je commence par l'Argentine, avec le Tour San Luis, puis je serais sur le Tour Med', le Tour du Haut Var et les Boucles du Sud Ardèche.

 

Un grand merci à Sylvain, l'un des coureurs les plus sympathiques du peloton que nous allons suivre tout au long de la saison, en lui souhaitant le maximum de réussite, et pourquoi pas de victoires !

 

 


Article réalisé par Julien Aernouts

Propos recueillis par Julien Aernouts

Crédit photos : Julien Leduc, Fabrice Lambert

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