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Top 14 (J16) : L'Aviron touche le fond

par Thibault Burban 1 Février 2012, 23:00 Top 14

La seizième journée nous offrait quelques belles affiches ce week-end : le choc annoncé entre le Racing Metro et Toulouse dans l’enceinte du Stade de France, mais aussi l’opposition entre Montpellier et le Stade Français en ce qui concerne le haut de tableau. En bas de tableau le duel entre Brive et Perpignan pouvait permettre au vainqueur de s’offrir un bon bol d’air dans la lutte pour le maintien.

 
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Le résumé du week-end

Malgré tous les chocs proposés, le seul véritable enseignement de cette seizième journée concerne la lanterne rouge que le Lyon OU, vainqueur à domicile face à Agen, a laissé à l’Aviron Bayonnais. Etrillé à Mayol par le RC Toulon, privé de son président Mourad Boudjellal pour les cent trente prochains jours, le club basque a touché le fond. Evoluant à quatorze pendant près d’une heure, les basques n’ont pas fait illusion ne serait-ce qu’une minute et la relégation semble inévitable pour eux au vu du calendrier qui les attend et du jeu proposé. Toujours en bas de tableau, le CA Brive s’est offert un sursis en s’imposant face à Perpignan. Les corréziens remontent à la dixième place et comptent quatre points d’avance sur le premier relégable : Biarritz, qui s’est incliné sur le terrain de Castres ramenant tout de même le point du bonus défensif.

 

En haut de tableau, comme d’habitude cette saison, les bonnes opérations reviennent au Stade Toulousain et à Clermont respectivement vainqueurs du Racing Metro au Stade de France, et de l’Union Bordeaux-Bègles qui n’a pas démérité mais qui manque de maturité, les bordelo-béglais essayant de jouer toutes leurs pénalités à la main quand les trois points semblent accessibles. Les deux ogres du Top 14 se rapprochent un peu plus des demi-finales et préservent leur avance sur Toulon, toujours troisième avec neuf points de retard sur Clermont, second, et quinze sur Toulouse, leader incontesté et incontestable de notre championnat. Enfin, l’autre bonne affaire du week-end est à mettre au compte de Montpellier, vainqueur du Stade français et qui remonte à la cinquième place. Quand on pense qu’il y a encore deux mois, cette équipe se trouvait à la dernière place, on ne peut qu’être admiratif du travail effectué par Fabien Galthié et ses hommes pour atteindre un tel niveau.

 

L’essai du week-end : Bustos Moyano (Montpellier)

L’essai de cette seizième journée de Top 14 se trouvait du côté du stade Yves du Manoir, à Montpellier. Alors qu’il ne reste plus que deux minutes dans le temps réglementaire de la première période, les parisiens bénéficient d’une pénalité qui leur permettrait  de revenir à égalité, le score étant alors de 6-3 pour les locaux. Le malheureux Julien Dupuy voit sa tentative passer à côté des perches, et le ballon atterrir dans les bras de Nagusa. Ce dernier combine astucieusement avec François Trinh-Duc qui, sur le renvoi aux vingt-deux, lui offre une merveille de passe au pied. L’ailier héraultais remonte alors la moitié du terrain et sert Combezou, après contact. Le trois-quarts centre héraultais trouve un soutien sur sa gauche en la personne de Fulgence Ouedraogo. Le grand absent de la liste de Philippe Saint André pour le match face à l’Italie sert alors parfaitement Bustos Moyano qui s’en va aplatir dans l’en-but parisien. Un essai de plus de cent mètres conclu en moins d’une minute par Montpellier qui permet au club héraultais de faire le trou juste avant la mi-temps, et de briser, du même coup, les ambitions parisiennes dans ce match.

 

Le top : Montpellier

Qu’on se le dise, le MHRC est de retour. Depuis près de deux mois, le club héraultais enchaînent les bons résultats, et ce tout en déployant un jeu léché. Après un début de saison manqué du fait des absences de ses internationaux, les montpelliérains ont petit à petit remonté au classement, passant de la quatorzième à la cinquième place, se payant le luxe de passer devant leur adversaire du soir. Avec quatre essais encaissés au cours du match, le Stade français n’a jamais existé au cours de cette rencontre, totalement dépassé par le jeu proposé par les héraultais. Conquérants en touches et en mêlées, jouant en avançant, dominateurs dans les impacts, les méditerranéens ont certainement rendu leur plus belle copie de la saison, et le score aurait pu être plus lourd si l’adversaire du soir n’avait pas été le Stade français. Avec un jeu aussi intéressant que plaisant, le Montpellier Hérault Rugby Club pourrait être, une fois encore, la surprise de cette fin de saison en s’invitant dans le dernier carré de la compétition.

 

Le flop : Bayonne

Plus les journées passent, et plus la relégation semble inévitable pour l’Aviron Bayonnais. Le club de la côte basque n’en finit pas de décevoir ses supporters qui nourrissaient pourtant de nombreux espoirs en début de saison. Deux changements d’entraineurs plus tard, le constat reste le même : le club basque se dirige de plus en plus vers la Pro D2. Le jeu n’est toujours pas au rendez-vous malgré le recrutement clinquant réalisé lors de la trêve estivale. Pire, la défense qui était la base des succès du club la saison dernière n’a de cesse de montrer d’importantes carences que ce soit dans les plaquages ou dans la discipline. Le match de ce week-end n’est qu’un énième exemple des faiblesses des bleus et blancs. Toute la partie, les joueurs basques se sont illustrés par leur passivité, avec comme chef de file Yoann Huget. Suspendu depuis près de cinq mois pour manquement aux règles de contrôle anti-dopage, l’ancien agenais a signé son retour d’un carton rouge après seulement vingt-sept minutes de jeu. Certes, celui-ci semble sévère puisque l’ailier bayonnais ne touche pas son adversaire, mais l’intention du coup de tête est bel et bien là. Lentement mais surement, l’Aviron Bayonnais s’enfonce dans les profondeurs du classement, entraînant avec lui l’un des meilleurs publics de France. Seul espoir du côté de Jean Dauger, la proposition de quelques présidents de revenir à un Top 16 dès l’an prochain, supprimant ainsi les relégations pour cette saison. Un repêchage administratif, voilà l’unique chance du quatrième budget de notre championnat, incapable de réagir sur le terrain.

 


Article réalisé par Vincent Bourgeois

Crédit photo : Site officiel de Toulon

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