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Tournoi des six nations, acte III : les tops et les flops

par Thibault Burban 29 Février 2012, 13:00 RUGBY

Le troisième acte du Tournoi des Six Nations a pris fin. Un match d'une belle âpreté, des irlandais toujours verts et un groupe qui «a de la moelle» mais aussi un favori qui n'a pas pris son pied et une Squadra encore en apprentissage.

 
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  TOPS  

 

Le poireau a failli se faire piquer par la rose

Samedi à Twickenam, les gallois ont arraché une précieuse victoire dans l'optique du grand chelem, mais les diables rouges ont côtoyé l'enfer (12-19). Moins brillant qu'à l'accoutumée, plus emprunté, le XV du poireau a longtemps buté sur un mur. Celui construit par l'Angleterre. Si elle ne soulève pas les foules de par son jeu, l'équipe de Lancaster a le mérite de se recentrer sur les fondamentaux. Et cela fonctionne. Avec un brin de folie en plus, le XV de la Rose aurait pu remporter le bras de fer. A dix minutes de la fin, on pensait même les gallois incapables de refaire leur retard de trois points. Mais c'était sans compter l'éclair de génie de Scott Williams, qui avait pourtant mangé la feuille quelques minutes auparavant. Après avoir arraché le ballon des bras d'un anglais, il partait en contre crucifier des anglais battus mais porteur de promesses. Les gallois se rapprochent du grand chelem.

 

L'Irlande n'a pas eu besoin du trèfle

Après leur voyage glacial en France, les irlandais devaient remettre la machine en route face aux italiens. Une mi-temps leur a été nécessaire. Jusqu'à la 39ème, le XV du Trèfle a été accroché par des transalpins bien en place (10-10). Mais l'essai de Bowe, juste avant de rentrer aux vestiaires, a sonné le réveil des irlandais et le glas des espoirs de la Squadra. Avec une mêlée et un Paul O'Connell retrouvé, ainsi que le festival de Bowe (deux essais), l'Irlande s'est échappée dans une seconde période à sens unique (42-10). Sexton en a profité au passage pour réussir un quasi sans faute. De bon augure pour la suite et le match contre la France dimanche prochain. Et atténuer la déception de la courte défaite en ouverture de tournoi face aux gallois.

 

La France a cravaché

Ce n'est pas la qualité de la prestation de l'équipe de France que l'on retiendra de sa victoire à Murrayfield (17-23), mais plutôt sa capacité de réaction, sa bravoure. Les bleus ne paraissent jamais aussi forts que lorsqu'ils sont face au mur. Dimanche, ils ont été pris à la gorge dès le début par des écossais joueurs, ce qui est presque un pléonasme tant le XV du chardon s'évertue à multiplier les temps de jeu depuis un certain temps. Les bleus ont accepté le défi, sans broncher. Au bord de l'asphyxie après un quart d'heure, mené 10-0 à la 26ème, le XV de France n'a jamais lâché et surtout jamais eu l'air de paniquer. Emmenés par un énorme Thierry Dusautoir (19 plaquages, 0 manqués), les français ont peu à peu remonté la pente par Wesley Fofana (10-7, 28e) puis ont fini par avoir la peau des écossais grâce à Maxime Médard bien aidé par Julien Malzieu (17-18, 58e). «Ce groupe a de la moelle» comme le dit Philippe Saint André. Et c'est peut-être cela qu'il faut retenir de ce match. Et que la France peut toujours rêvé du grand chelem, aussi.

 
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  FLOPS  


Les gallois n'ont pas pris leurs pieds

Même s'ils ont gagné, même s'ils sont toujours favoris du tournoi, même s'ils peuvent toujours toucher l'espoir d'accrocher le grand chelem (il ne leur reste plus que l'Italie puis la France à domicile), les diables rouges ont paru empruntés face au XV de la Rose. La faute notamment à un jeu au pied catastrophique. Il a failli tout simplement leur coûter la victoire. L'ouvreur Rhys Priestland a été à côté de ses pompes durant toute la partie. Son dégagement, contré en début de seconde période, n'a pas été loin de donner un essai aux anglais. A peine revenu après dix minutes purgées sur le banc, il arrive cette fois à dégager pour trouver une touche...dix mètres plus loin. Heureusement que l'arrière buteur Halfpenny a encore réalisé une très belle prestation, se sacrifiant même pour son équipe sur le dernier assaut des anglais. A noter que du côté du XV de la Rose, Owen Farrell avait la botte facile.

 

Les italiens ont encore du travail

Malgré une bonne première mi-temps face au XV du Trèfle et une volonté affirmée de jouer depuis le début du tournoi, les italiens n'ont pu que constater ce qui les séparer encore d'une nation comme l'Irlande. A force de vendanger les occasions, les transalpins n'ont fait que regarder les irlandais s'envoler au score. Avec un cinglant 25-0 encaissé durant le second acte, la Squadra Azurra paye son manque cruel de réalisme. Et un jeu au pied encore trop approximatif et peu rassurant. Botes a souffert de la comparaison avec son homologue irlandais. Alors que Sexton réalisait un quasi sans faute, le buteur italien a laissé pas moins de douze points en route. Tant que l'Italie n'aura pas trouvé un buteur fiable, elle aura du mal à faire jeu égal avec une équipe du calibre de l'Irlande. Certes, on observe une réelle avancée dans leur jeu mais il reste encore du boulot aux protégés de Jacques Brunel.

 

 


Article réalisé par Thibault Burban
Crédit photos : Franck Fife, Reuters

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