Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Tournoi des six nations, acte IV : les tops et les flops

par Thibault Burban 14 Mars 2012, 21:00 RUGBY

Le quatrième acte du Tournoi des Six Nations a pris fin après un entracte franco-irlandais. Des jeunes pousses galloises, des verts qui confirment, mais aussi deux équipes qui voient le spectre de la cuillère de bois se rapprocher et réagir, c'est bien beau, agir, c'est mieux.

 

  ENTRACTE  

 

Après un faux départ, le France Irlande a finalement eu lieu dimanche dernier. Et cela a débouché sur un match aux airs de redit. Sous une pluie irlandaise, les français ont d'abord donné le bâton pour se faire battre avant de se rebeller. Comme contre l'Écosse, le XV de France a réalisé une première période empruntée, dominant mais se faisant poignarder par deux fois par Bowe. (6-17). Comme contre l'Écosse, Wesley Fofana a marqué le seul essai du match côté français (51ème).   Comme contre L'Écosse, les bleus sont revenus progressivement, avec pugnacité (17-17 à la 57ème). Mais l'Irlande n'est pas l'Écosse et les hommes de Thierry Dusautoir n'ont pu, cette fois, arracher la victoire dans les dernières minutes. Pourtant, ce n'est pas faute d'avoir essayé : deux tentatives de drop qui n'ont jamais fait bouger le score (17-17). Si elle ne peut plus espérer remporter le Grand Chelem, l'équipe de France pouvait encore, avant le Crunch, gagner le Tournoi. Verres à moitié vide, verres à moitié plein finalement.

 
1656060_3_295d_les-gallois-ont-battu-les-italiens-samedi-lo.jpg

  TOPS  

 

Silence, les poireaux poussent

Ils n'étaient pas présents à la dernière coupe du monde et pourtant, ils ont marqué les esprits samedi après-midi. Le troisième ligne Justin Tipruc et l'ailier Alex Cuthbert ont été les meilleurs gallois face aux XV d'Italie. Les vagues de jeunesse n'ont l'air de jamais s'arrêter au pays de Galles. Alors qu'on aurait pu penser que le lifting avait pris fin après la coupe du monde – avec les arrivés ou confirmation des « anciens » Sam Warburton (vingt-quatre ans), George North et Toby Faletau (vingt et un ans) – il continue durant ce tournoi des Six Nations. On pouvait s'imaginer que le XV du poireau serait  orphelin d'un joueur mythique comme Shane Williams. Voilà qu'Alex Cuthbert (vingt et un ans) passe la seconde. Même si on attendra de voir s'il confirme au niveau international, le joueur de Cardiff a dérouté la défense italienne en inscrivant notamment le deuxième essai de son équipe (soixante-dix-septième). Et quand Sam Warburton se blesse à un genou, on sort de la boîte Justin Tipuric (vingt et un ans). Une activité et une technique digne d'un habitué du tournoi. Et pourtant, c'était sa première sélection. De quoi laisser rêveur. Sinon? Sinon, le XV du poireau s'est imposé tranquillement, sans véritablement convaincre (24-3) et voit le Grand Chelem se rapprocher.

 

Les verts s'imposent et en imposent

Après leur deuxième voyage au pays de la tour Eiffel ponctué par un bon match nul, les irlandais devaient confirmer à domicile face à l'Écosse. Ils ont d'abord souffert. Fidèle à sa réputation, le XV du chardon, emmené depuis le début du tournoi par un excellent Richie Gray, a commencé le match tambour battant. Menant très vite de six points (dixième), il allait tenir tête à un XV du trèfle qui n'allait réussir à s'en débarrasser que juste avant la mi-temps (22-14). Mais comme face à l'Italie il y a deux semaines, l'Irlande n'a ensuite fait qu'une bouchée de l'Écosse, cette dernière restant fanny durant la seconde période. Au contraire, le XV du trèfle a profité des maladresses et des choix hasardeux des joueurs écossais pour inscrire un autre essai par Mac Fadden (soixante-dix-septième). Les irlandais ont dégagé sur la fin de partie une impression de puissance très intéressante. Ils étaient trop forts pour les hommes de Robinson. (32-14). L'Irlande doit regretter sa courte défaite chez elle face au Pays de Galles lors de la première journée (21-23). Elle ira défier l'Angleterre pour peut-être empêcher cette dernière de remporter le tournoi.

 

  FLOPS  

 

Le spectre de la cuillère de bois

Si la dernière journée va nous donner le vainqueur du tournoi, elle va être également le théâtre d'une autre bataille : celle de la cuillère de bois. Même s'ils sont apparus plus accrocheurs que les années précédentes, les écossais et les italiens se retrouveront la semaine prochaine pour ne pas finir dernier sans gagner un match. Ils ont été surclassés lors de ce week-end. Les italiens, bien que vaillant en défense et généreux en attaque, n'ont résisté qu'une mi-temps (9-3) face à des gallois un peu plus pâle qu'à l'accoutumée. Quant aux écossais, ils sont tombés sur de très bon irlandais sur leur lancée de leur bon match nul ramené de Paris. Richie Gray et Sergio Parisse ont beau se démener pour leur équipe respective, ils devront encore jouer des casques pour éviter le zéro pointé qu'ils avaient évité l'année dernière. Le spectre de la cuillère de bois hantera samedi en début d'après-midi les travées du stade Flaminio de Rome.

 
afp-franck-fife-le-francais-jean-baptiste-poux--avec-la-bal.jpg

Agir, ne plus réagir

Déjà dimanche dernier, ils y avaient échappé de peu face à l'Irlande. Ce dimanche, la sanction est tombée. A toujours être dans la réaction, on finit par s'y piquer. A la Rose en l'occurrence. Les bleus ont fait illusion tout juste un quart d'heure. Alors que l'on commençait à se dire qu'enfin, le XV de France allait nous gratifier d'une entame digne de ce nom, Manu Tuilagi a surgi. Ben Foden l'imite quelques instants plus tard. Face à des juniors jouant tous les ballons, les français semblent tétanisés. En cinq minutes, le XV de France se retrouve une semaine en arrière, condamné à courir derrière le score avec onze points comme boulet (3-14). Et à la mi-temps, les bleus s'en sortent bien, revenant à un essai non transformé. Alors, on se dit que cela va le faire, que ces coqs là ont décidé de nous faire peur. Mais, au fil des approximations successives, cet espoir, on le voit s'envoler comme on regarde s'en aller le troisième ligne Croft marquer le troisième essai anglais (15-22 72ème). Cet espoir, on le rattrape en vol comme Harinordoquy va chercher les ballons dans les airs.  A l'orgueil, les bleus s'arrachent.  Prennent le ballon au renvoi. Se retrouvent assez rapidement devant la ligne. Mêlée. Parra pour Fofana. Essai. Transformé. Quatre minutes et une possession. On se dit que tout est possible, d'autant que le XV de France avance, vite. Parra donne à Trinh-Duc. Drop. Le ballon frôle la barre. Et là, ce n'est pas une semaine en arrière, c'est cinq mois. Halfpenny avait la pénalité pour emmener les gallois en finale de la Coupe du Monde. On connait la suite. Good Game. Game over.

 


Article réalisé par Thibault Burban
Crédit photos : AFP, Reuters

commentaires

Haut de page