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Tournoi des six nations, acte V : les tops et les flops

par Thibault Burban 21 Mars 2012, 13:00 RUGBY

Le cinquième et dernier acte du Tournoi des Six Nations a pris fin. Un beau vainqueur, une équipe qui termine en beauté, deux mentions spéciales, mais aussi une Saint-Patrick sabordée, une Écosse qui va pouvoir toucher du bois et un coq qui doit se remplumer.

 
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  TOPS  

 

Le sacre du Poireau

C'était prévu. C'est fait. Un Millénnium de Cardiff plein à craquer a pu assister au dénouement que tout un peuple espérait. Face à des français qui ne leur réussissent que très peu (deux Grands Chelem et une demi-finale en coupe du mode perdus entres autres), les gallois n'ont pourtant pas tremblé. Même s'ils n'ont pas surclassé le XV de France, les diables rouges ont fait le boulot pour aller chercher le Grand Chelem. Privant les français de ballon (63% de possession de balles), les jeunes poireaux ont montré à ceux qui ne le pensaient peut-être pas encore, qu'ils étaient bien les nouveaux hommes forts de l'hémisphère Nord. Et Alex Cuthbert en fait partie. Il nous a encore gratifié d'une course de grande classe pour aller aplatir la sphère, alors que son équipe était menée de trois petits points (5-3 21ème). Leigh Halfpenny en fait bien sûr également partie. L'arrière gallois a encore été remarquable samedi après-midi. Et même si les perches du Millénnium lui ont joué des tours, il a inscrit les onze autres points de son équipe (16-9). Et dire que cette équipe n'a que 25ans de moyenne d'âge... Cela promet. Chapeau bas.

 

Des anglais prometteurs

Les doutes, il y en avait au-dessus de l'Angleterre en début de Tournoi. Après deux matches pour le moins poussifs, les sujets de sa majesté sont peu à peu montés en puissance pour finir en boulet de canon. Dimanche dernier, le XV de la Rose avait déjà fait exploser en vol les derniers espoirs des  français. Une semaine plus tard, il a littéralement fait voler les irlandais aux quatre coins de Londres. Pourtant, les anglais ont d'abord été accrochés par les hommes de Kidney. La première période fut surtout l'occasion de voir les buteurs et les gros à l'œuvre, mais aussi de nombreuses approximations (9-6). Mais à l'image de leur Tournoi, le second acte a été exclusivement anglais. Le pack de la Rose a alors assommé son homologue irlandais. Il s'est même offert un essai de pénalité (19-9, 58ème) avant d'en donner un à Ben Youngs (27-9, 73ème). Owen Farell finira de corriger le XV du Trèfle en enquillant une dernière pénalité en fin de match. Les anglais terminent donc deuxième du Tournoi et entrevoient un avenir plein d'espoir.

 

Simplement merci

Samedi, deux joueurs se sont retirés. Deux immenses joueurs : Julien Bonnaire et William Servat. Ces deux-là vont sacrément manqués au XV de France. Au Millénnium, ils ont certes été les derniers à fouler la pelouse. Mais ils n'étaient pas les derniers à aller à la mine. Comme durant tous les matchs de ce Tournoi. Comme à la Coupe du Monde. Comme à chaque fois en fait. Ces deux joueurs, ou plutôt ces deux hommes ont toujours répondu présents. Les matchs où ils sont passés à côté peuvent se compter sur les doigts de la main. Julien Bonnaire et la «bûche» ont cet amour du maillot que doivent envier certains. Ce n'est pas pour rien que le troisième ligne voulait à tout prix conserver son maillot à la fin du match et que le pilier avait les larmes aux yeux après sa sortie. Ce sont des Bonhommes comme cela qui font toute la beauté du rugby. On pourra regretter qu'ils ne partent pas sur une bonne note. De par ce qu'ils ont apporté au XV de France, un Grand Chelem n'aurait pas été de trop. Une victoire contre le Pays de Galles non plus. Dommage également de ne pas avoir vu le grand Lionel Nallet à leur côté. Le deuxième ligne aurait mérité une meilleure sortie que cette non convocation pour le dernier match. En tout cas, ces trois-là vont laisser un grand vide derrière eux. Ils peuvent partir avec le sentiment du devoir accompli.

 

  FLOPS  

 

Une Saint Patrick manquée

Les irlandais pouvaient encore prétendre finir second du Tournoi avant d'affronter l'Angleterre chez elle. Mais le XV du Trèfle n'a quasiment jamais vu le jour dans cette partie. Bien que Jonathan Sexton a taché de répondre à Owen Farrell le temps d'une mi-temps, les gros ont failli en seconde période. Une véritable débâcle. Les Healy, Best, Ross & Co devaient prier pour que cela s'arrête. Avec un essai de pénalité et un autre qui aurait pu l'être également, la mêlée irlandaise a été ridiculisée. Et dans le jeu, les petits hommes verts ont été d'une pauvreté toute aussi affligeante, surtout au retour des vestiaires. Sur le second acte, seul le raid d'Earls a été une éclaircie dans la pénombre de Twickenham. Les anglais semblaient jouer totalement à leur guise, n'ayant qu'à attendre la faute des visiteurs qui n'allait pas tarder à arriver. En cette fin de Tournoi, on pouvait logiquement attendre davantage d'une équipe ayant tenue la dragée haute aux français et ne s'inclinant que de deux petits points face aux futurs vainqueurs. La Saint Patrick devait avoir un petit goût amer du côté de Dublin samedi soir.

 

L'Ecosse est de bois

Sergio Parisse avait prévenu : «un seul objectif, battre les Écossais». L'objectif est atteint. La maudite cuillère de bois, qui vient sanctionner cinq matchs sans victoire, va faire un tour au pays de la cornemuse en cette année 2012. Dans la chaleur du stade olympique de Rome, l'enjeu de cette finale des perdants a pris le pas sur le jeu. Les quelques 80000 supporters italiens ont assisté à un match très fermé entre les deux «petites» équipes du Tournoi. L'Écosse n'est jamais parvenue à transpercer le mur bâti par Castrogiovanni et les siens et a emballé la rencontre comme ils l'ont pourtant fait durant tout le Tournoi. De l'autre côté, on pouvait voir des italiens essayant d'envoyer du jeu, tant bien que mal. Et c'est sur un joli mouvement conclu par le surpuissant ailier Venditti que la Squadra parvenait à prendre le large juste après la mi-temps (10-3 43ème). Les écossais accusaient alors le coup. Et c'est au moment où les italiens commençaient à leur tour à regarder leurs chaussettes que Botes eut la bonne idée de claquer le drop qui assurait la victoire à l'Italie (13-6). La première de Philippe Brunel. C'était peut-être la dernière des nombreuses défaites d'Andy Robinson à la tête de XV du Chardon.

 
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Vite, des plumes !

Deux défaites, un nul, deux victoires : voilà le bilan plus que mitigé des récents finalistes de la Coupe du Monde. En rajoutant que les deux victoires n'ont été acquises «que» contre l'Écosse et l'Italie, on est en mesure de penser que ce Tournoi a été très décevant. Il semblait pourtant à la portée des bleus. Mais au gré des entames de match loupées, des approximations offensives et défensives, des drops loupés, la France pouvait-elle espérer mieux que cette quatrième place? Fallait-il offrir un dernier tour de piste aux héros malheureux de la dernière Coupe du Monde? Cette question, qui va sûrement être discutée dans les prochains jours, est facile à poser après. Maintenant, il faut juste penser à l'avenir. Et ce qui est sûr, c'est que Philippe Saint-André va devoir sérieusement remplumer son coq dans les prochains mois. Des plumes aussi belles que Bonnaire, Nallet et Servat ne se remplacent pas comme cela. Elles sont même rares. Certes, le volatile n'est pas complétement déplumé. On a pu voir à l'œuvre durant ce Tournoi quelques nouvelles têtes qui nous ont donné envie de les revoir. Fofana bien sûr, Maestri, et Debaty aussi. Plus récemment le jeune Buttin et l'éternel revenant Fritz. Mais le chantier de la charnière est bien d'actualité. Certains trentenaires ont montré des signes de faiblesse par moment. Le lifting a peut-être commencé, il faut maintenant le poursuivre. Pour le moment, rideau.

 


Article réalisé par Thibault Burban
Crédit photos : AFP

commentaires

Centre de fitness Toulouse 22/03/2012 09:46


Belle performance de la part de ces Gallois qui ont un bel avenir au vue de leur moyenne d'âge... ils risquent de faire très mal ces prochaines années...


Grosse déception en effet pour les Français qu'on attendait plus haut que ça

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