Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Trop de stades tuent les stades ?

par François Plessis 29 Février 2012, 16:00 Sport & business

Le titre de cette brève est volontairement provocateur, mais loin d’être impertinent. A l’heure où le Stade Français se doit de déployer une énorme énergie et une perpétuelle créativité pour remplir et animer ses rendez-vous réguliers au Stade de France lors des quelques matches délocalisés, une hérésie se profile.

 

En effet, le monde du rugby français, pourtant porté par une Coupe du Monde néo-zélandaise réussie, donne l’impression de ne pas tourner très rond. Ou plus précisément le rugby vu par le petit bout de la lorgnette parisienne. Est-ce un excès de confiance ? La croyance en un avenir riche et comblé ? La conséquence d’études de marché positives et indiscutables ? Ou tout simplement une « connerie » ?

 

Où veux-je en venir ? Le constat est simple. Lors du dernier match du Racing Métro 92 contre Toulouse au Stade de France, samedi 28 janvier, le stade comptait officiellement 54 393 enthousiastes spectateurs, qu’il serait plus sérieux de redescendre à 40 000 personnes, selon une source proche du club. Un taux de remplissage de 50% donc. Même remarque pour la dernière sortie dionysienne du Stade Français lors de leur match nul (19 – 19) contre Toulon le samedi 18 février, avec une fréquentation flatteuse de 50 000 passionnés.

 

Alors, même s’il faisait froid, même si les deux clubs franciliens ne font pas vraiment partie des cadors du championnat, il n’est pas exagéré de dire que les délocalisations événementielles des derniers matches du Top 14 au Stade de France ne sont pas de franches réussites. Malgré de réels efforts de billetterie, d’animations et de publicité.

 

Et que dire des fréquentations des derniers matches « ordinaires » de nos deux clubs d’étude : 7 139 spectateurs pour la victoire des stadistes sur Castres (38 – 21) le 7 janvier, dans le glacial Charléty, et 7 073 convives pour la victoire du RM 92 contre Agen (26 – 8) le 23 décembre 2011, dans l’antique (« –ité » ?) Yves du Manoir. Ces deux fois 7 000 mille supporters parisiens sont quand même loin d’être digne d’un attroupement « justinbierberien » !

 

Et alors me direz-vous ? Attendez. Reste encore un cas à traiter, et non des moindres. Le XV de France, l’étendard, la figure de proue, le produit d’appel de la FFR. Une fédération embêtée, car coincée par un accord peu avantageux avec le consortium du Stade de France, qui l’oblige, rentabilité économique exige, à organiser tous les matches du XV français dans la plus grosse enceinte française. Compréhensible, mais dommage pour une équipe qui ne joue que très peu de matches en France (deux ou trois pour les VI Nations, et deux/trois au mieux pour les tests-matches). Vous excuserez l’oubli volontaire du match à Bordeaux en aout 2011 contre les Irlandais.

 
21.jpg

En cumulant les affluences des deux clubs franciliens et le nombre de matches du XV de France, il est difficile de comprendre, voire impossible, la construction de trois stades de rugby en Ile-de-France ! Oui oui, trois ! L’Arena 92, projet du l’omni-président Lorenzetti, pourra accueillir, dans le quartier de la Défense à partir de 2014, de 32 à 40 000 spectateurs selon la configuration des lieux. Le nouveau Jean Bouin, cocon habituel du Stade Français, sera lui d’une capacité de 20 000 places, pour une inauguration dans les prochains mois.

 

Enfin, le projet de la Fédération Française de Rugby est l’ultime « blague » de la folie constructive « rugbystico-francilienne ». Il ne s’agit encore que d’un projet, cependant fortement ancré dans les têtes et velléités des responsables fédéraux, qui verrait le jour en 2017, avec une capacité de 80 000 places.

 

Même si, dans l’absolu, la pertinence de chaque projet n’est pas discutée ici, il est quand même pour le moins « bizarre » de construire trois stades en Ile-de-France, qui s’ajouteront au mythique Stade de France et au vide Charléty. Beaucoup de stades pour un spectacle sportif qui se structure et attire de plus en plus de spectateurs certes, mais qui ne remplira probablement pas autant de sièges.

 

Peut-être une façon de se démarquer du manque d’anticipation de l’ennemi « football » en matière de stades et ainsi de se placer comme LE sport majeur en France...

 


Article réalisé par François Plessis
Crédit photo : Site officiel du Racing Métro 92

commentaires

Haut de page