Après plus d’un mois de compétition et à quelques jours de la seconde manche du Challenge National à Rodez, Francis Mourey tire un premier bilan de sa saison pour Culture Sport. Il parle aussi de la suprématie belge en cyclo-cross, et évoque un possible changement de leadership dans les années à venir. Entretien.

Culture Sport : Vous faîtes deux fois quatrième en coupe du monde, une victoire sur le challenge national et des succès dans de nombreuses autres épreuves françaises, vous accumulez les bonnes performances.
Francis Mourey : Le début de saison est bon, ça se passe très bien. J’espère que ça va continuer les prochains mois, surtout jusqu’à janvier, le mois le plus important de la saison. C’est vrai que je fais un bon début de saison, et en général j’ai souvent bien commencé. Ça se voit encore plus cette année parce que les résultats sont là et la forme aussi.
Culture Sport : Et ce week-end, il y a la deuxième manche du Challenge National à Rodez.
Francis Mourey : J’espère que ça va bien se passer. J’y vais pour gagner, faire une belle course, mais surtout ne pas perdre de points au classement général. J’ai fait une bonne préparation, avec pas mal de récupération ces quinze derniers jours. C’est bien pour la suite et le mois de décembre avec les stages notamment.
"Le Challenge National représente beaucoup pour moi"
Culture Sport : Dans le même temps, il y a aussi une manche de SuperPrestige, pourquoi privilégiez le Challenge National ?
Francis Mourey : Les organisations françaises font de très belles épreuves de haut niveau. Le Challenge National représente beaucoup pour moi. Dès tout petit je rêvais de le gagner. Ce sera toujours une priorité dans ma saison.
Culture Sport : Et dimanche vous étiez en Suisse. Le seul cador puisque tous les autres étaient en Belgique…
Francis Mourey : C’est surtout pour éviter les grands déplacements. La Suisse est à 1h30 et la Belgique à 5h de chez moi. Ça ne sert à rien de faire de longs trajets toutes les semaines.
Culture Sport : Pourtant certains disent que pour espérer pouvoir battre les Belges, il faut courir en Belgique le plus régulièrement possible, êtes-vous d’accord avec ça ?
Francis Mourey : Non je ne pense pas. Les Belges ont l’avantage d’habiter dans un petits pays et organisent la majorité des grandes épreuves. Par exemple, en Suisse, le niveau était relevé même s’il n’y avait pas de leaders belges. C’est un bon cyclo-cross, qui n’est pas du tout facile.
Culture Sport : Revenons sur le Challenge National. Vous n’êtes pas encore rassasié avec autant de victoires ?
Francis Mourey : J’ai toujours les mêmes objectifs : les championnats de France, les championnats du monde et le Challenge National. Je suis toujours heureux de gagner et tant que je pourrais, je continuerai d’aller au Challenge National pour gagner.

"C’est bien d‘avoir du fil à retordre, ça permet de progresser"
Culture Sport : A chaque fois, l’enjeu est de savoir qui va compléter le podium derrière Francis Mourey, vous ne manquez pas d’une réelle concurrence ?
Francis Mourey : Chaque course est compliquée. A Lignières (la première manche du Challenge National, ndlr), je ne gagne qu’avec dix ou quinze secondes d’avance sur Boulo. Il y a de la concurrence. C’est bien d‘avoir du fil à retordre, ça permet de progresser.
Culture Sport : Le Challenge National nous fait découvrir de nouveaux circuits cette année, que pensez-vous de ces changements ?
Francis Mourey : C’est très bien à l’échelon international. C’est par contre dommage qu’on ne puisse pas les garder d’une année sur l’autre. Le calendrier n’est pas constant. On va à Lignières, à Rodez mais ça changera l’année prochaine. En Belgique, ce sont presque toujours les mêmes épreuves. Il faut que les organisateurs programment leur course tous les ans. A Lignières, c’était un beau site, mais l’organisation ne vise pas la régularité. Sont-ils motivés pour organiser un cyclo-cross chaque année ? Je ne sais pas.
Culture Sport : Autre objectif, la Coupe du Monde. Vous allez participer à toutes les manches ?
Francis Mourey : Toutes sauf celles du 26 décembre (à Heusden-Zolder, ndlr). Comme je ne vise pas le général, mais plutôt un podium sur chaque épreuve, ça ne me gêne pas. Sur les deux premières manches je n’ai jamais été loin. A Plzen (la première manche, ndlr), un caméraman, m’a gêné au départ ainsi qu’Albert. C’est dommage car on aurait pu faire une meilleure course et à l’arrivée je termine à quelques secondes du podium. J’avais le niveau ce jour-là.

"Le cyclo-cross français a de l’avenir"
Culture Sport : Puis il y aura les championnats. Le mondial à Coxyde.
Francis Mourey : Coxyde, ce sera un très beau championnat. Le circuit n’est pas facile, mais j’espère faire un résultat. Il y a bientôt une manche de Coupe du Monde qui va se dérouler à Coxyde, ça permettra de vraiment connaître le tracé.
Culture Sport : Et les France à Quelneuc.
Francis Mourey : Là aussi c’est une très belle épreuve, avec un beau parcours. J’espère que tout se passera bien pour moi et la FDJ. L’objectif sera de garder le maillot dans l’équipe que ce soit moi, Steve Chainel ou Arnold Jeannesson. Bien sûr je veux tout faire pour garder mon titre.
Culture Sport : A choisir, vous prendriez l’arc-en-ciel ou le tricolore ?
Francis Mourey : L’arc-en-ciel. C’est un rêve et j’espère bien y arriver.
Culture Sport : Dernière question. Vous avez sans doute vu les performances des jeunes français aux championnats d’Europe. Le cyclo-cross français a de l’avenir...
Francis Mourey : C’est certain que le cyclo-cross français a de l’avenir. Et j’espère que ça va continuer, que nos jeunes continueront à faire du cyclo-cross et qu’ils n’iront pas sur la route, parce que tous ont aussi un bon niveau sur la route.
Culture Sport : Par contre le cyclo-cross belge devrait connaître quelques difficultés ?
Francis Mourey : Ils sont moins armés que la France ou la Hollande. La Hollande est vraiment impressionnante en juniors et en espoirs. Mais la Belgique a quand même un bon réservoir.
Article réalisé par Jérémy Bazin l Propos receuillis par Jérémy Bazin l Images : Flickr, Vélo 101
Francis Mourey : "L’arc-en-ciel ? C’est un rêve"
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