Le rugby n’est pas le sport collectif dont les règles sont les mieux connues. Nous allons faire un petit détour vers les points marqués au pied. Drops, pénalités et transformations, voici des actions de jeu qui vont rapporter beaucoup de points aux équipes concourantes de ce mondial de rugby même si déjà, ce n’est pas toujours si évident…
Quand les joueurs trouvent les chemins des essais qui rapportent cinq points, la tentative de transformation peut permettre d’ajouter deux points à ces derniers. C’est en 1992 qu’apparait cette nouvelle comptabilisation. Le ballon est alors posé sur un tee au sol à droite ou à gauche du terrain suivant où a été marqué l’essai. Frappé souvent par le demi d’ouverture, le ballon doit passer au-dessus de la barre transversale et entre les poteaux. Mais avec un ballon ovale, rien n’est simple…
La faillite de Johnny Wilkinson face à l’Argentine
L'ouvreur anglais Jonny Wilkinson, un des plus grands buteurs de ces dernières années a raté trois de ses huit tentatives de but samedi face à l'Argentine. Pour l’anglais, le constat sonne comme un échec. Il n’est pas le seul à avoir failli. L'Argentin Felipe Contepomi a raté une de ses deux tentatives, avant de sortir sur blessure à la vingt-sixième minute. Martin Rodriguez n'a passé que deux pénalités sur sept, soit 18 points gâchés pour les Pumas. Que se passe-t-il en Nouvelle-Zélande ? Ils ne rejettent la faute sur personne, seulement sur eux. Des échecs qu’ils vont vouloir oublier en se rattrapant au plus vite.
Réussir leurs transformations, leurs pénalités et leurs drops.
Pénalité, transformation, tous deux sont des « tirs au but » si on doit comparer avec le football. Par contre, la pénalité résulte d’une faute commise par l’équipe adverse. Le ballon est frappé par le demi d’ouverture de l’endroit de la faute sauf si elle a été commise trop loin des poteaux. Mêlée ou ballon en touche au choix pour le joueur. Si la pénalité est choisie ou évidente, c’est trois points qui peuvent se rajouter au score et cela depuis 1948.
Direction entre les poteaux également pour le drop mais ce tir ne s’effectue pas à l’arrêt. Lors d’une période offensive de jeu, un joueur laisse tomber le ballon au sol et tire dedans après le rebond pour tenter le but entre les poteaux dans l’espoir qu’un adversaire ne vienne pas à la lutte trop rapidement, ce qui peut faire échouer la tentative de drop. Toutes ces frappes constituent un nombre de points important en match et elles sont non négligeables pour aller chercher la victoire d’une courte tête ou pour aller chercher le bonus offensif. De nombreux joueurs sont spécialistes de ces frappes, certains même détiennent certains records.
Quelques records, quelques frappes historiques…
Parmi les as au pied, Jonny Wilkinson truste le haut des tableaux, en une année, il a réussi quatorze drops avec l’Angleterre lors de la saison 2003.
Vingt transformations ont été réalisées par Simon Culhane en 1995 lors du match Nouvelle-Zélande contre le Japon.
A l’heure actuelle, le plus grand nombre de drops réalisés par un seul homme lors d’un match international est de cinq, en trente minutes. Un record à mettre à l’actif de Jannie de Beer à la Coupe du Monde 1999 lors du match Afrique du Sud / Angleterre.
En matchs internationaux, Dan Carter a déjà réalisé plus de 210 pénalités avec la Nouvelle-Zélande.
Andrew Mehrtens, Neil Jenkins et Thierry Teixeira ont tous réalisé neuf pénalités lors d’un match international.
Le neuf avril 1960, face à l'Irlande dans le Tournoi des cinq nations, le Français Pierre Albaladejo est le premier joueur à inscrire trois drops dans un match international.
Lors de la finale de la Coupe du monde 2003, l'équipe d'Angleterre bat l'équipe d'Australie 20 à 17 grâce à un drop de Jonny Wilkinson à la dernière minute de la prolongation.
Article réalisé par Emilie Drouet l Image : Getty Images
