L'équipe de France de basket a fait coup double. Tutoyer les sommets. S'est sorti du pétrin russe, pour se hisser en finale de l'Euro Basket. Et obtenir son billet estampillé Eurostar, pour les Jeux de Londres.
Les « On est en finale ! On est en finale » claquent encore sur les murs de la grande salle flambant neuve de Kaunas. Le vestiaire français est en feu. En flammes. Les bleus ont le cœur léger. Leurs supporters aussi, me direz-vous. Assurés de fouler les lattes de la salle olympique en terres anglaises, dans moins d'un an. Foulées il y a quelques encablures pour le Tournoi de Londres, celles-ci avaient porté chance aux bleus. Qui étaient alors venus à bout de locaux amoindris, de belges réduits poussière. De bien beaux souvenirs. Comme ceux que ramèneront les joueurs de Vincent Collet dans leurs valises. Sur le chemin du retour. Retour de Kaunas. Retour d'une Lituanie, qui laissera des traces. Des traces indélébiles. Comme celles que la Lituanie laissera dans le cœur d'une France, qui s'invente un avenir en Basket. A l'image des lituaniens, des serbes, des italiens ou encore des lettons, les russes ont cru venir à bout d'une équipe de France. Parfois mi figue, mi raison. Tant tôt, envoutante. Le paradoxe d'un basket, d'une stratégie, d'un collectif, d'un jeu qui plait. 79-71. La sentence est sans appel. Nicolas Batum se prenait pour Nicolas II, tsar russe en d'autres temps. Tony Parker volait la vedette à Andrei Kirilenko, héros quand même, d'une Russie qui devra se contenter d'un match pour la... 3ème place. 39-34 à la mi-temps. Comme la veille les bleus verrouillent en défense. Hardis comme des hussards. Quadrillent leur raquette. Offensivement et défensivement, Noah fait le travail. Ali Traoré, rappelé de dernière minute, ajuste son lay-up. Les tricolores caracolent en tête. 10 points d'avance à 9 minutes d'une finale de championnat d'Europe. Laissez-vous tenter. Vincent Collet utilise ses grands à merveille, bâtit des remparts en défense pour mieux envisager l'avenir commun. La fin est proche. Nos bleus tiennent bon. Solides comme l'airain. La qualification olympique au bout des doigts. Au bout des doigts d'un Tony Parker, leader comme jamais, heureux comme un gosse à la sirène. Plus qu'une sirène, une délivrance. La consécration pour toute une génération. Les ballons rendus aux russes ne resteront que bruine. Fine bruine d'imprécisions. Comme les erreurs qu'on pardonne sans difficulté. Celles-ci on les pardonne, sans difficulté aucune. Les bleus ont trouvé le chemin de la finale. Ils retrouveront la terrible Espagne, ce dimanche. L'ibère sera dur, certes. Mais pas impossible. La finale elle, sera belle. Belle comme l'impossible. Belle comme la joie d'une équipe soudée autour de Ronny Turiaf, la larme à l'œil. Belle comme la qualification olympique. Oui, il faudra s'y faire, l'étendard tricolore sera à Londres. Flottera au dessus de Westminister. Une place de choix. Les bleus seront du voyage. 11 ans que l'on attendait cela... ça valait le coup de prendre son mal en patience.
Les demi-finales :
France – Russie : 79-71
Batum 19pts, Parker 22pts, De Colo 9pts
Espagne – Macédoine : 92-80
Article réalisé par Paul Barcelonne / Images : FIBA – Le Monde