Le rendez-vous était pris pour un peu plus de 450 athlètes le dimanche 21 Août 2011 à Vichy. En effet, l’équipe de l’ancien triathlète professionnel Gaël Mainard et le label Challenge nous avaient réservé un programme assez chargé... Un homme de fer !
Effort aux saveurs particulières, il offrait un spectacle nouveau dans cette région. Voici le récit de ma course et de ce week-end si spécial !
Je me rends sur cette compétition pour pouvoir «faire un chrono» après de long mois de préparation. Je veux faire 10h30 et gérer ma course comme j’ai pu le travailler cette année. Le parcours vélo plutôt roulant pouvait laisser entrevoir une belle partie de manivelles, la natation sans difficultés et un marathon sur les bords de l’Allier et ses parcs réunissaient des conditions optimales pour être au top.
De plus, mes récents résultats pouvait me confirmer dans l’idée de réussir quelque chose sur les terres d’Auvergne (4h47 sur 1/2 ironman, 4ème place au championnat d’ile et vilaine courte distance...).
Arrivé le vendredi 19 Août en fin d’après-midi au CREPS de Vichy (l’organisation proposait des chambres à bas prix en demi-pension ou pension complète à 400m du village départ) qui permettait un accès à pied et sans contrainte au centre du Challenge Vichy. Petit passage au retrait des dossards et la température extérieure de 38°C était déjà le centre de toutes les conversations des athlètes. A quelques heures de la course certains préparent et règlent leurs matériels, certains nagent en piscine ou dans l’Allier ou tout simplement se reposent.
Le soir, nous nous retrouvons à la célèbre Pasta Party qui nous a permis d’échanger nos impressions et nos interrogations. Je retrouve sur place 4 membres de mon club du triathlon olympique club cessonnais : Karine, Xavier, Jean et Nicolas. Chacun fait ses pronostics et annonce ses objectifs. Mais chacun le sait, faire une performance chronométrique dimanche sera très difficile au vu de la température annoncée. Mais dans ma tête j’espère toujours être en forme dimanche...
Le samedi après-midi est réservé pour déposer son vélo et ses sacs de transitions permettant entre chaque épreuve de se munir du matériel nécessaire à la prochaine épreuve. Je choisis le vélo de contre la montre idéal pour le parcours roulant. Chaque triathlète est accompagné d’un volontaire qui explique chaque détaille du parc à vélo, lui place une bâche de protection pour son vélo. Tout est vraiment fait pour que le triathlète soit décontracté. Je fais une petite halte au stand kiné pour un massage et surtout pour me poser un strapping à la cheville car il y a une semaine je me suis fait une légère entorse. Quelle frayeur !
Il est temps de rejoindre sa chambre et le calme du CREPS est appréciable car les athlètes respectent la tranquillité de chacun. Un luxe car souvent les veilles de courses dans d’autres lieux réserves quelques surprises désagréables !
Le réveil est arrêté à 3h du matin pour pouvoir digérer un petit-déjeuner copieux. La pression commence à monter et le petit-dej’ a du mal à passer.
Le départ prévu à 7h approche et l’annonce de l’arbitre principal va jeter un froid dans le parc à vélo. Combinaison néoprène interdite pour la partie natation car l’eau est à 26°C. (Port de la combinaison interdite par la FFTRI au-dessus de 24°C).
Les 450 participants se dirigent vers le départ et je décide de m’échauffer quelques minutes avant car la natation en trifonction sera difficile. Le départ est donné et la partie natation est très agréable : en effet l’Allier est large et les concurrents peuvent nager sans trop de problèmes (peu de coup, bouée de distance parcourue, parcours simple en aller/retour). L’eau est vraiment bonne mais le manque de combinaison se fait ressentir à la balise du 3ème kilomètre. Je suis seul et le groupe de 450 triathlètes n’est plus.
Je sors un peu étourdit malgré tout en 1h13min ce qui n’est pas extraordinaire mais je relativise car je sors 99ème. (Mon record personnel étant de 1h04 avec la combinaison est loin, très loin :-)). Nous devons courir sur quelques centaines de mètres pour rejoindre la tente de transition. Là, nous sommes pris en charge par les nombreux bénévoles toujours souriants et prêts à nous aider !
Je sors du parc à vélo avec trois tonnes de crème solaire appliquée par les soins de volontaires toujours aussi disponibles et l’air est déjà chaud mais le ciel voilé permet de faire un effort sans trop se griller. J’ai opté pour le casque de contre la montre et je ne le regrette pas malgré la chaleur car celui-ci est très bien aéré et me protège du soleil.
Le premier tour de 90km est prudent car le vent et les nombreux faux plats me font dire que le parcours n’est pas si facile que cela. Je me fais pas mal doubler et je suis 130ème au début du deuxième tour. Je ne m’inquiète pas et maintenant que je connais les quelques «dangers» et parties roulantes du tour vélo je peux appliquer ma stratégie. Je m’alimente régulièrement de bananes et de gels énergétiques. Sur les nombreux ravitaillements je prends 2 bidons à chaque fois : coca et eau. Je varie mon alimentation et je me refroidie régulièrement les jambes et la nuque en m’arrosant d’eau. Tout est frais et la gestion de l’hydratation est déterminante. Le soleil tape et l’air chaud n’arrange pas l’organisme mais j’ai des sensations correctes. Je regarde régulièrement le compteur et ma moyenne est de presque 32km/h, ce qui est moyen mais tout à fait convenable pour attaquer un marathon dans de bonnes conditions.
Je décide de finir fort les 25 derniers kilomètres avec vent dans le dos et je rentre 105ème au parc à vélo en 7h00 d’effort. Jusque-là je suis vraiment dans mon timing et je peux espérer un chrono sous les 11H. Je m’applique à partir doucement pour ne pas sauter tout de suite mais malheureusement dès le premier tour de course à pied (long de 10,4 km) je passe en 1H...Aie Aie Aie... Je suis en surchauffe, je m’arrête sur chaque stand et ma foulée très basse me laisse présager du pire qui arrivera au 3ème tour... Le public est présent sur les bords de l’Allier, dans les parcs ombragés et la présence de ma famille me permet de m’accrocher malgré tout. Au deuxième tour je suis 96ème mais au 23ème kilomètre j’explose totalement. Je marche pendant plus de 7km et boucle celui-ci en 1h50. La catastrophe et la désillusion. Il y a de nombreux abandons ou «marcheurs» mais je mets un point d’honneur à terminer mon dernier tour en courant sous les 40°C. Karine et Nico me double sans difficultés lors du dernier tour et je reste en compagnie de Stéphane un breton de Colmar !
On s’accroche ensemble et nous pouvons laisser éclater notre joie de «finir» ce périple d’une journée. On oublie tout sous l’arche d’arrivée et l’espoir de la performance remis à plus tard. L’ambiance est énorme dans les tribunes et sur la ligne d’arrivée, boostée par 2 animateurs de folie. Musique, micros à fond, jet d’eau... Je tiens à tirer mon coup de chapeau à l’une des plus belles organisations de triathlon longue distance que j’ai pu voir. Je termine en 12h05 en 109ème position, 8ème de ma catégorie d’âge (25-29 ans). Bon tout cela n’est qu’anecdotique mais le plus important pour chacun d’entre nous aujourd’hui était de terminer car sur ce type d’épreuve les conditions difficiles n’arrangeaient pas les choses et nous avons relevés le défi de cette mémorable journée !
On nous accueille comme des rois sur la ligne d’arrivée et on nous donne notre médaille ainsi que le t-shirt qui atteste que nous avons terminé cette folle journée.
Je tiens à remercier mes partenaires et en particulier INOVAH qui m’a permis de réaliser cette épreuve.
Retrouvez-moi sur mon site ou j’aime partager ma passion du triple effort :
www.greg-jousset.onlinetri.com
Merci à tous. A bientôt,
Grégory.
Article réalisé par Gregory Jousset l Crédit photo : Thierry Sourbier

