En décrochant dimanche sa quinzième Copa America, l’Uruguay est devenue la nation la plus titrée d’Amérique du Sud.
Lorsqu’on évoque le football sud-américain, on pense tout de suite à la génération dorée brésilienne ou du potentiel offensif argentin. On a surtout tendance à oublier que l’Uruguay dispose d’un effectif tout aussi talentueux que ses deux voisins. Car avec Forlan, Suarez et Cavani, la Celeste compte dans ses rangs trois des meilleurs canonniers d’Europe. Et si on ajoute à ce talent offensif un jeune gardien extrêmement talentueux (Muslera), une défense très rugueuse menée par le capitaine Lugano et un milieu de terrain des plus combatifs qui soit (Rios, Diego Perez notamment), vous obtenez une équipe très difficile à jouer.
Ce constat avait déjà été dressé il y a un peu plus d’un an, à la fin d’un Mondial Sud-Africain plutôt décevant sur le plan du jeu. Cette Copa America nous en a donné la confirmation. Si la Celeste n’est pas, sur le papier, aussi attractive que le Brésil de Neymar ou l’Argentine de Messi, son style est, pour l’instant, beaucoup plus efficace. Car la formation d’Oscar Tabarez était déjà la meilleure nation Sud-Américaine en Afrique du Sud. Elle n’a donc finalement fait que confirmer ce statut, pour s’adjuger un nouveau record, celui de nombre de Copas America gagnées par une nation.
Certes, ce record a été établi au cours d’une compétition dont on ne retiendra rien, mis à part l’extrême pauvreté en termes de jeu et de spectacle. La finale, qui opposait le Paraguay à l’Uruguay donc, n’aura finalement été qu’un pauvre résumé de cette compétition : peu d’occasions de buts et de nombreuses fautes cassant systématiquement le rythme du match. Mais fallait-il s’attendre à un autre match, entre une équipe du Paraguay qui n’avait pas gagné un seul match avant d’arriver en finale et une Uruguay au style si caractéristique ? Dans ces conditions, les amateurs de beau jeu auront peut-être du mal à se réjouir de la victoire des coéquipiers d’un Diego Forlan, qui est devenu le meilleur buteur de l’histoire de la sélection uruguayenne. Et pourtant, quel beau vainqueur cette Celeste !
Avec quinze compétitions continentales gagnées, l’Uruguay dépasse l’Argentine, avec qui elle partageait ce record. L’Argentine, le voisin encombrant, l’ennemi footballistique des Uruguayens. La légende retiendra que c’est en Argentine que la Celeste a établi ce record. Mieux encore, si l’on ajoute à ces quinze succès continentaux les deux succès en Coupe du Monde (1930 et 1950) et les deux Olympiades remportées en 1924 et 1928, l’Uruguay est l’une des nations les plus titrées de l’histoire du football. Un palmarès gigantesque qui pourrait étonner lorsqu’on sait que la population totale du pays est de 3,5 millions d’habitants. Mais l’Uruguay est un pays dans lequel le football a valeur de religion et la culture footballistique y est tout aussi importante qu’au Brésil ou qu’en Argentine. Qu’on se le dise, l’Uruguay est plus que jamais la meilleure nation d’Amérique du Sud.
Article réalisé par Martin Bourdin | Image : Reuters