A l’heure du titre de Cadel Evans sur le Tour de France, peut de monde connait réellement l’ampleur en Australie de ce titre. Dans le cœur des Australiens, « Le Tour » comme ils l’appellent reste inaccessible, loin de chez eux et même si l’exploit de l’ex vététiste est historique, les Aussies reprendront leurs vieilles habitudes fin aout pour la fin du championnat de football Australien et de rugby à XIII. Et oui, le vélo est loin de faire fantasmer aux antipodes, et c’est bien un sport quasiment inconnu en France qui fait frissonner les Australiens : le Footy (Football Australien) ou Australian Football Rules. Apparu au 19ème siècle vers 1860 en Australie du Sud (Adelaïde), on ne sait pas vraiment comment il est devenu si important. Pour s’imaginer l’ampleur du phénomène il faudrait peut-être comparer un instant le départ du Tour avec le début de la saison régulière (vers le fin mars, début des saisons plus froides). C’est de l’hystérie, ils attendent tous le début de la saison depuis cinq à six mois et seul le rugby à XIII, un match des Wallabies ou de l’équipe Nationale de cricket peut rivaliser un temps.
Le championnat, AFL (Australian Football League) qui regroupe les dix-sept meilleures équipes du pays est synonyme de fierté et d’identité surtout à Melbourne, berceau du footy où chaque quartier à son club. Le classement de la saison régulière, qui compte 22 journées, décerne la Coupe McClelland au premier. Après commence le premier véritable charabia pour celui qui n’a jamais suivi ce sport. Les équipes classées de la première à la quatrième place se rencontre (1er contre 4ème et 2nd contre 3ème) pour les Qualifying Finals et les équipe de la cinquième à la huitième place se rencontre de la même manière pour les Eliminations Finals. Les deux perdants des Qualifying Finals rencontrent en deuxième semaine les deux vainqueurs des Eliminations Finals. Les deux vainqueurs de ces rencontres appelées Semi-Finals affrontent en Preliminary Final les deux vainqueurs des Qualifying Finals. Ensuite, la sélection s’opère et il ne reste que deux équipes pour la « Grand Final », jour d’arrête total dans le pays, comparable à la Melbourne Cup. L’année passée, cette « Grand Final » a du se rejouer (Grand Final Replay) à cause d’un score nul. C’est très rare et l’ambiance au Melbourne Cricket Ground y est d’autant plus incroyable.
Pour ce qui est du jeu, nous arrivons à notre deuxième grand charabia car ce sport ressemble à du n’importe quoi en apparence mais il est encadré par des Rules en fait très subtiles.
Tout d’abord, l’espace de jeu est un terrain ovale de 130 à 180m de long et de 110 à 150m de largeur. C’est d’ailleurs pour cela que vous voyiez parfois des terrains immenses à la télévision lorsqu’un match des Wallabies est diffusé. Il y a ensuite un grand carré au centre du champ de jeu avec dans ce même quadrilatère un cercle à l’intérieur ; deux grands ovales indiquant les 50m des poteaux et deux rectangles devant les deux grands « goals ». Ces poteaux, au nombre de quatre sont l’objectif des joueurs du footy. Ils doivent en effet passer la balle (un petit ballon de rugby) en la frappant du pied au centre des deux grands poteaux, dit « poteaux de goal », de 10 à 12m de haut pour marquer 6 points (un goal) ou bien entre un poteau de goal et un autre appelé Behind. Ces poteaux dits « Behind » se trouvent à côté du poteau de goal donc pour marquer un behind (1 point) il faut que la balle passe entre un poteau de goal et de behind. Ca parait très compliqué dans la pratique mais au fur et à mesure de voir jouer les 18 acteurs sur la pelouse pendant quatre quart temps de vingt minutes, l’on comprend assez vite.
Pour beaucoup c’est un mix entre du rugby pour la balle, les poteaux, les plaquages mais aussi du football pour la qualité du jeu au pied et enfin du handball pour la précision des passes.
Dans le jeu, on ne voit aucun de ces sports apparaître tant le mélange est unique. Rien ou presque n’est interdit. Les seules sanctions s’opèrent lorsqu’un joueur fait une passe sans l’avoir frappé à la main ou au pied, lorsqu’il veut intentionnellement pousser dans le dos ou blesser un joueur, qu’il garde la balle au sol et qu’il ne fasse pas de rebond au bout de quelques mètres balle en main.
Les spécificités de ce sport spectaculaire ; La mise en jeu et toutes les sorties en touche sont effectuées par des arbitres qui lancent la balle en l’air et un peu au hasard, sans regarder. De plus, ces arbitres effectuent des gestuelles indescriptibles quand un goal est validé.
Enfin le mark est un élément fondateur de ce sport. Les relances sont souvent périlleuses et la possibilité d’arrêter le jeu momentanément en cas d’interception en l’air d’une passe d’un de ses coéquipiers permet de se réorganiser plus facilement
Et chez nous ?
Il existe un championnat amateur et une coupe de France. Environ dix clubs (Paris, Toulouse, Bordeaux, Strasbourg….) dans l’hexagone pour la plupart formés par des Australiens expatriés en France.
La France a récemment été sacrée champion du monde de footy à neuf (sans l’Australie dans la compétition bien évidement)
A la TV en France :
Si vous avez la chance de recevoir Eurosport 2, chaque vendredi et week-end vous pouvez regarder un match de footy entre 10h et 14 environ.
Article réalisé par Florent Rols l Images : Getty Images