Etrillé par Manchester United à Old Trafford (8-2) lors de l’affiche européenne choisie par Culture Sport, Arsenal n’a fait que renforcer les doutes qui entourent le club depuis les départs de Fabregas et Nasri.
Comment se remettre du départ de ses deux meilleurs joueurs ? Voilà la question que doivent certainement se poser les fans d’Arsenal, tant les départs de Fabregas pour Barcelone et de Nasri pour Manchester City remettent totalement en cause le jeu des Gunners. Et ce n’est pas le déplacement à Old Trafford qui va les rassurer. Car si le match de Coupe d’Europe face à l’Udinese avait permis la création d’une spirale positive, notamment dans le secteur défensif, très convaincant à Udine, cette confiance s’est évaporée lors du voyage à Manchester, puisque les Gunners sont repartis à Londres avec huit buts dans les valises (8-2).
Un naufrage collectif tant les Gunners ont peiné à développer leur jeu. Sur le plan défensif, l’absence de Vermaelen et Sagna a fait mal aux joueurs de Wenger car leur remplaçant, Jenkinson et Djourou, n’ont simplement pas été au niveau. Passivité, naïvité et manque d’agressivité, tels ont été les maîtres mots de la défense des Gunners. Même Koscielny et Szczesny, pourtant titulaires en puissance dans cette équipe, sont passés à côté. Et si, face à l’Udinese, Arsenal avait pu s’appuyer sur une attaque de feu, celle-ci n’aurait pas été capable de développer de réel mouvement. Plus que le manque de créateur au milieu de terrain, c’est l’absence de Gervinho qui a meurtri le secteur offensif. Et comme si ça ne suffisait pas, Van Persie, le nouveau capitaine, a manqué le penalty de l’égalisation alors que Manchester ne menait que 1-0.
Mais, si Arsenal a perdu ce match, c’est également parce qu'en face, il y avait la meilleure équipe anglaise du moment. Un savant mélange de jeunes très talentueux (Young, Welbeck, Cleverley, Jones) et de joueurs plus expérimentés (Rooney, Nani, Park…) qui semble plus puissant que jamais. Triple buteur (deux coup-francs et un penalty), Wayne Rooney s’est régalé dans les espaces laissés par le milieu de terrain londonien. Et pourtant, la moyenne d’âge l’équipe mise en place par Ferguson au coup d’envoi était inférieure à celle des Gunners (23 ans pour United contre 24 pour Arsenal). Pour la traditionnelle excuse du manque de vécu au haut niveau, on repassera. Il se murmure d’ailleurs que Ferguson aurait demandé à ses joueurs de lever le pied en fin de match, évitant ainsi une déculottée encore plus sévère aux coéquipiers de Walcott.
Mais cette lourde défaite aura peut-être eu le mérite d’intervenir assez tôt dans la saison d’Arsenal pour que Wenger puisse rectifier le tir, lui qui n’a pas été épargné par la presse britannique après le match. Le technicien alsacien a d’ores et déjà réagi en recrutant un ou plusieurs joueurs dans chaque ligne. Mertesacker et André Santos sont venus renforcer le secteur défensif, tandis que Benayoun, Arteta et Park Chu Young sont venus garnir une attaque qui en avait bien besoin. A vingt-neuf ans, Mikel Arteta, notamment passé par le PSG, pourrait bien devenir le nouveau leader technique d’une formation qui, lorsqu’elle aura récupérer Song, Gervinho et Frimpong (suspendu ce week-end), devrait être beaucoup plus fringante que dimanche après-midi. Il vaudrait mieux en tout cas, sous peine de voir le règne de Wenger à la tête des Gunners se terminer prématurément.
Article réalisé par Martin Bourdin | Photos : Presse-Sports; site officiel de Manchester United