A l'aube de son baptême du feu en Ligue 1, le Evian-Thonon-Gaillard Football Club détonne dans une première division où se bousculent les plus grands noms du football français. Fondé en 2007 sur la base de l'Olympique de Thonon-Chablais et du Football Croix-de-Savoie (14ème du National en 2005), l'ETG s'est rapidement fait remarquer grâce à de très bons résultats. Champion de national en 2010, le club savoyard n'a pas perdu de temps, enlevant la Ligue 2 dès l'année suivante au bout d'une saison remarquable. A l'heure des premiers transferts, une question agite déjà les inconditionnels de foot français. Quel avenir destiner à ce promu face aux goliaths de la Ligue 1 ? Décryptage.
Pourquoi le Evian-Thonon-Gaillard FC se maintiendra-il en Ligue 1
Porté par un soutien financier d'envergure (Danone et son atypique PDG Franck Riboud fourniront l'an prochain 3 millions d'euros au club cher à Patrick Trotignon), l'ETG entend se structurer à son rythme loin de l'image de foot business véhiculé outre-manche ces dernières années. Si géographiquement, ce sont 650 petits km qui séparent Annecy, terre d'accueil des jours de matches à Nantes, ancienne gloire du foot français stagnant en Ligue 2, côté gestion, la Beaujoire se situe à des années lumières du promu dans l'élite. Quand le FC Nantes, dirigé d'une main de fer par son actionnaire majoritaire polonais Waldemar Kita s'empêtre dans d'incompréhensibles décisions individualistes, aucun des 40 actionnaires de l'ETG (dont les ex-champions du monde Zidane & Lizarazu, l'ancien président du PSG: Sébastien Bazin ou Arnaud Benoît-Cattin, directeur de l'agence de marketing sportif Quaterback) n'est majoritaire. Dans un contexte extra-sportif sain, les Barbosa, Lacour et autres Sorlin pourront faire abstraction des différents problèmes administratifs communs aux clubs professionnels pour se concentrer pleinement sur leur première saison en Ligue 1.

D'ores-et-déjà soutenu par la multinationale Danone, le Evian-Thonon-Gaillard FC cristallise aussi toutes les attentions savoyardes. Sous l'étiquette d'un "lien social avec la Savoie", l'ETG souhaite souder la région derrière un club qui fait "rêver les gamins". Malgré la délocalisation de ses matches à Annecy, à plus de 1 heure d'Evian, le champion de France de Ligue 2 2011 a réussi le tour de force de multiplier son affluence moyenne par 6,5 (de 1500 personnes par match à 10,000 personnes par match) en quittant le stade Joseph Moynat de Thonon pour le Parc Municipal des Sports d'Annecy.
Soucieux de ne pas se perdre dans une politique de recrutement de recrutement effrenée, Pascal Dupraz directeur sportif de l'équipe avoue vouloir "s'appuyer sur l'ossature actuelle" tout en recrutant "7 ou 8 éléments" et ainsi "renforcer toutes les lignes". Après avoir prolongé l'ex-rennais Olivier Sorlin, (34 matches pour une réalisation en Ligue 2 la saison passée) jusqu'en 2014 et Cédric Cambon, défenseur axial de 24 ans (32 matches et 3 buts en 2010-2011) pour 2 saisons supplémentaires, l'ETG s'apprête à lever l'option d'achat du milieu de l'Udinese (Série A) Mohammed Rabiu. Côté arrivées, conscient de l'aspect plus technique de la Ligue 1, Evian aurait un oeil sur le mileu défensif de l'OM Edouard Cissé et sur l'expérimenté Jérôme Leroy (Stade Rennais) et ses 399 matches en L1 (41 buts).

En quête d'un gardien (Placide ? Planté ?), d'un défenseur central (Boye ? Colin ?) mais surtout d'un attaquant (Sidney Govou, à qui il reste un an de contrat avec le Panathinaikos en Grèce aurait été approché par l'ETG), Evian semble se donner les moyens de construire un équipe compétitive.
Avec des joueurs prometteurs (Dja Djédjé, Tié Bi), d'autres dans la force de l'âge (Saad, Adnane) et de vieux briscards (Caçapa, Sorlin) habitués aux joutes nationales, l'ETGFC a trouvé la recette de la stabilité.
Porté par un projet ambitieux (un nouveau centre d'entraînement de 11 hectares a vu le jour à Publier-Amphion-les bains l'année dernière) et une équipe dirigeante sérieuse le Evian-Thonon-Gaillard FC réunit toutes les qualités d'un club prêt à s'installer durablement en Ligue 1.
Pourquoi le Evian-Thonon-Gaillard FC ne se maintiendra-il pas en Ligue 1
Un chiffre d'abord... de 2004 à 2009, 60 % des clubs promus en Ligue 1 ont fait l'ascenseur dans une des 2 saisons suivantes ce qui montre toute la difficulté de s'installer en Ligue 1 pour un club novice à ce niveau comme le fait même remarquer Patrick Trotignon, président de l'ETG "une accession c'est très difficile (...) il va falloir faire des efforts pour se maintenir".
De plus, malgré le soutien généreux de Danone, le budget 2011-2012 ne dépassera pas les 25 millions d'euros, pas si loin des 21 millions d'euros d'Arles-Avignon, indiscutable dernier en 2010-2011... Un budget qui est aussi à comparer avec la moyenne budgétaire des 20 clubs de Ligue 1 en 2010-2011: quasiment 2 fois supérieure (48,4 millions d'euros) ! Un budget qui ne permettra pas aux recruteurs savoyards de faire des folies !
Avec de maigres structures administratives (13 salariés) et un stade à améliorer (éclairage & accueil des supporters et vestiaires à refaire)le travail ne manquera pas dans les Rhônes-Alpes. De quoi permettre au club d'éviter les ennuis financiers ?
Après cette ascension rapide vers les sommets, Evian a choisi de recruter et d'écarter les joueurs "historiques" (Bouby, Pouye, Lafon, Roufosse). Attention de ne pas métamorphoser son 11 titulaire ou le réveil sera difficile...
Réponse en mai 2012...
Article réalisé par Rémi Le Tenier / Photos : Reuters & Orange Sport & ETFC.COM