
A l’occasion du match amical de gala à Wembley samedi 12 novembre face aux Anglais (défaite des Espagnols 1 but à 0), l’équipe d’Espagne, championne d’Europe et du Monde en titre, a étrenné son nouveau maillot pour l’Euro 2012 qui se jouera en Pologne et en Ukraine.
Pour ce nouveau maillot, Adidas, qui continue ainsi à tisser des liens tout particuliers avec le football espagnol, a décidé d’utiliser à nouveau la couleur vermeil, élément distinctif de la Furia Roja. Par ailleurs, l’équipementier a décidé de broder la phrase « Champions d’Europe 1964 – 2008 » dans le col du maillot.
Une sentence qui tranche radicalement avec le clip publicitaire intitulé « Le passé ne compte pas »
Une posture « hors du temps » de l’équipe espagnole lui conférant une dimension de légende vivante. Il s’agit avant tout de donner à l’Espagne un positionnement aussi particulier que le sont son jeu et son palmarès récent. Peut-on imaginer pareille publicité pour l’Allemagne, la France ou l’Angleterre ? Bien évidemment non. Adidas exploite au mieux ce statut de mythe vivant du football espagnol que l’on nous présente comme pouvant être le meilleur football de tous les temps. Une formule criticable mais qui a le mérite d’être claire. L’Espagne a atteint ce statut de « légende vivante » grâce à ses exploits passés. Mais elle se retrouve désormais face à de nouveaux défis qui ne sont déjà plus ceux d’hier. Tirer sa force de l’histoire sans pour autant l’imiter. L’histoire permet d’accéder au statut de mythe. Et la négation du mythe permet de l’entretenir. Le mythe n’a jamais conscience d’être un mythe. Par ce discours, l’Espagne ne déroge pas à la règle. Marque mythique par excellence, notamment dans le milieu footballistique, Adidas se devait de s’associer de façon singulière à l’Espagne, eldorado du football.


Article réalisé par Thomas Mollanger l Images : Adidas