Les Jeux sont bels et bien terminés. L’effervescence retombe petit à petit et laisse place à la nostalgie. Après dix-sept magnifiques jours de compétitions, les athlètes quittent Vancouver le cœur lourd. Ces JO d’hiver 2010 ont été des plus amicaux selon Jacques Rogge. Lors de la cérémonie de clôture, devant plus de 60 000 spectateurs, le Président du Comité Olympique International (CIO) n’a pas oublié le regretté Nodar Kumaritashvili. Pendant son discours, il a adressé quelques pensées à ce jeune lugeur Géorgien qui s’était tué le jour de l’ouverture de cette merveilleuse fête qui commença bien mal, malheureusement. Deux titres en une après-midi et puis plus rien...
Soixante-huit médailles d’or ont été distribuées tout le long de ces XXIème Jeux Olympiques de l’Histoire. Mais seulement deux titres sont revenus à la délégation Française. En une journée, Vincent Jay, en biathlon, et Jason Lamy-Chapuis, en combiné nordique, ont écrit une des plus belles pages de l’Olympisme tricolore. En l’espace de trois heures, pas plus, la France vivait en tête du classement des médailles grâce aux deux breloques magnifiquement acquises par ces deux héros. Une performance rare pour être soulignée. Inconnu du grand public avant Vancouver, Jay découvre la médiatisation. Toutes les caméras braquées sur lui, les micros qui s’approchent de sa bouche, il ne connaissait pas avant cette épreuve du sprint. Deux jours plus tard, il décroche même une seconde médaille en poursuite. Troisième, en bronze, ses Jeux sont plus que réussis. Lamy-Chapuis était quant à lui attendu. Leader de la Coupe du Monde dans sa discipline et lauréat de plusieurs manches avant de s’envoler pour le Canada, Jason avait la pression. Auteur d’un formidable finish, le Français dépasse in extremis l’Américain Spillaine. Au palmarès Olympique, il rejoint un certain Fabrice Guy, médaillé d’or en 1992 à Albertville et confirme son immense talent. Le dossard cinq de la course du combiné nordique «petit tremplin» n’a pas failli contrairement aux autres têtes d’affiches.Des favoris aux abonnés absents
N’ont pas répondu présent à l’appel : Ophélie David, Brian Joubert, Vincent Desfrane, les frères De Le Rue, Pierre Vaultier, Mathieu Crépel, Julien Lizeroux, Sandrine Aubert, Vincent Vittoz. Tous ces athlètes pouvaient espérer décrocher une médaille Olympique. Aucun n’est parvenu à remplir cet objectif. Certains ne participeront plus aux Jeux, d’autres reviendront à Sochi dans quatre ans, pour une revanche.
Comme presque à chaque édition des Jeux Olympiques, les déceptions des favoris laissent de la place aux (grandes) surprises tricolores de s’exprimer. C’est ce qui fait le charme de la plus grosse compétition sportive au Monde. Du côté du skicross et du snowboard, Ophélie David ainsi que Pierre Vaultier, tous deux candidats à une potentielle médaille d’or, se sont inclinés en quarts face à leurs amis Marion Josserand et Tony Ramoin. Ils se sont battus jusqu’au bout pour monter sur la «boîte» à Cypress Mountain. Autre Française que l’on attendait pas forcément à ce niveau : Déborah Anthonioz. Après une sérieuse fracture du bassin en 2008, les médecins la disait perdue pour le snowcross. Et la voilà médaillée d’argent aux JO de Vancouver. Un jour après son pote Tony, elle offre la première breloque de ce métal gris à la France. Pour clôturer une très belle carrière, Mathieu Bozzetto voulait à tout prix décrocher une médaille flanquée du logo aux cinq anneaux pour écrire une nouvelle ligne à son palmarès. C’est chose faite après une petite finale où son adversaire, le Russe Detkov, a malheureusement bloqué sa planche au départ du second run.Le biathlon fournit les médailles en masse
Trois quatrièmes places en deux jours
Un record égalé grâce à des outsiders
Malgré une douzième place finale au talbeau des médailles qui pourrait être décevante, la délégation tricolore égale le bilan comptable de Salt Lake City 2002 (quatre médailles d'or, cinq en argent, deux en bronze). Si les favoris n'étaient pas passés à côtés de leurs objectifs, la France aurait pu se rapprocher de la Norvège au classement. Mais avec des "si" on disputerait à nouveau les Jeux de Vancouver. Le zéro pointé en ski alpin et en patinage pèse lourd dans la balance...
*images : AFP/L'Equipe
par Nicolas Gréno