En s’imposant à Hoffenheim ce week-end (2-1), le Werder Brême a enregistré sa troisième victoire en quatre matchs. Un bilan qui les place en tête de la Bundesliga, à égalité avec le Bayern et Schalke.
Il y a quelques années, le Werder Brême était un acteur régulier des huitièmes de finale de la Ligue des Champions. C’était la belle époque des Micoud, Klose et Diego. Ce temps semble lointain, tant les deux dernières années du club ont été décevantes en terme de résultats. Mais même la saison dernière, alors que le club traversait l’une des périodes les plus noires de ces dernières années, Thomas Schaaf, à la tête du club depuis 1999 est resté fidèle à sa politique du tout pour l’attaque. Malheureusement pour lui, sa défense n’était pas au niveau et son attaque a manqué de réalisme, faisant glisser le club à la 13e place du classement, loin, très loin du Borussia Dortmund.
Mais cette année, du moins en ce début de saison, la réussite semble être revenue du côté du Weserstadion. Après quatre journée, le club a déjà inscrit neuf buts, soit la deuxième meilleure attaque de Bundesliga derrière Schalke. Neuf réalisations qui ont déjà permis au Werder d’engranger neuf points. Car hormis la courte défaite à Leverkusen lors de la deuxième journée, les coéquipiers de la perle Marko Marin (photo) ont gagné tous leur match. Une différence notable avec la saison passée, puisqu’à la même époque, le Werder ne comptait que 4 points et n’avait gagné qu’une seule rencontre. Et pourtant, l’effectif n’a que très peu changé cet été. Frings et Mertesacker ont certes quitté le club, mais aucun joueur n’est arrivé pour les remplacer. Alors comment peut-on expliquer la différence entre le début de saison de l’équipe il y a un an et celui de cette année ?
La principale explication est certainement à chercher dans la jeunesse de l’effectif. La saison passée déjà, les clés du jeu avaient été confiées à Marko Marin et à Arnautovic, deux joueurs d’à peine 22 ans dont l’expérience au plus haut niveau était nulle. Ils ont appris la saison passée et ont retenu la leçon pour ne plus commettre les mêmes erreurs cette année. C’est pourquoi le Werder, très naïf dans le jeu en 2010-2011, est beaucoup plus mature aujourd’hui. De plus, l’attaquant vedette du club, Claudio Pizarre n’est plus le seul à pouvoir inscrire des buts. De retour de prêt de Santander, Markus Rosenberg a déjà marqué trois fois. De plus lors du festival offensif réalisé face à Fribourg (5-3), les cinq buts ont été inscrits par des joueurs différents. Ce week-end, ce sont Arnautovic et Rosenberg qui ont permis au club de ramener trois points de Hoffenheim (2-1).
Le Werder est donc la bonne surprise de ce début de saison, mais cette équipe soulève malgré tout un certain nombre d’interrogations. Car elle n’a pas encore joué contre l’une des deux grosses équipes, le Bayern ou Schalke. Et lorsqu’ils ont affronté Leverkusen, l’un des principaux outsiders de la saison, les joueurs de Thomas Schaaf se sont inclinés. L’autre inquiétude concerne la défense, orpheline de Per Mertesacker, parti pour Arsenal. Car le jeu offensif prôné par Schaaf fragilise énormément le secteur défensif, comme l’a montré la victoire face à Fribourg, où le Werder a encaissé trois buts. Qu’en sera-t-il face aux formations au potentiel offensif plus important que celui de Fribourg ? Les premiers éléments de réponse devraient être apportés à la mi-octobre, lors de la réception de Dortmund au Weserstadion.
Article réalisé par Martin Bourdin | Photo : Presse-Sports