Alors que nous sommes à l’aube des premières étapes de montagnes, la bataille pour le maillot vert est plus qu’entamée !
Le nouveau barème pour l’obtention de ce maillot montre au grand jour ceux qui le veulent, et ils sont beaucoup. L’unique sprint intermédiaire donnant 20 points au premier et récompensant les 15 premiers coureurs passant sur la ligne est joué. Car dans cette lutte au maillot vert, tout point obtenu est important, et même si les arrivées d’étapes de plaine décernent 45 points au vainqueur, tout le monde sait que ce maillot se jouera lors des sprints intermédiaires et que les sprinteurs qui passent mieux les bosses auront plus de chance, ceux-là obtenant les points des sprints intermédiaires en montagne ; comme Thor Hushovd avait pu le faire en 2009 , cela lui permettant de consolider son vert face à Mark Cavendish qui ne pouvait rien faire.
Cette première semaine, où les sprints massifs ont été rares et les sprints intermédiaires joués avec volonté, 4 coureurs se dégagent pour son obtention : Mark Cavendish, Thor Hushovd, José Joaquin Rojas et celui que personne n’attendait, Philippe Gilbert. On distingue alors 2 types de coureurs. Le premier, représenté par le seul Cavendish est le type pur sprinteur, coureur qui n’obtiendra ses points que dans les arrivées en sprint massif grâce à des victoires ou à de bons placés et lors des sprints intermédiaires d’étapes non trop tortueuses, car ce coureur passe mal les côtes. Le second est représenté par les 3 autres : coureur qui sprinte bien mais pas assez pour gagner face aux purs sprinteurs, par contre il a la force lui permettant de gagner dans des arrivées en grand faux plats montant, arrivées compliquées, et de passer les côtes avec plus ou moins de facilité. Ne restant plus que 3 ou 4 vraies étapes offrant des possibilités de sprints massifs (Aurillac | Carmaux, Blaye-les-Mines | Lavaur, Limoux | Montpellier et Créteil | Paris), on pourrait penser que Mark Cavendish aura plus de difficultés que les autres à glaner des points. Néanmoins, les sprints intermédiaires des étapes difficiles sont souvent placés avant les premières difficultés (sauf lors de la 14° étape Saint-Gaudens-Plateau de Beille et la 19° étape Modane Valfréjus-Alpe D’Huez), ce qui pourra permettre à l’Anglais de garder la main mise sur l’obtention de ces points et de se faire une avance lors des sprints massifs. Tout ceci n’est que spéculation, mais important à regarder car il est tout de même le maillot le plus convoité après la beau maillot jaune.
Mark Cavendish a montré son envie de gagner son premier maillot vert cette année en disputant tous les sprints intermédiaires. Après ses deux victoires d’étape, il est remonté plus que jamais pour gagner tous ses prochains sprints lui permettant d’engranger des points pour le vert. Son équipe étant concernée pour que ce souhait se réalise elle ne laissera normalement aucun Gilbert, Hushovd ou Rojas partir dans une quelconque échappée en quête de points.
Mais ceci n’empêchera pas le Belge, le Norvégien et l’Espagnol de tout tenter pour le gagner, car tout est possible dans le cyclisme, c’est bien cela qui fait la beauté de cette lutte.
Rien que les sprints intermédiaires le montrent, ceux-ci procurant quelques –mauvais- rebondissements : les déclassements de certains coureurs pour irrégularités du sprint. 2 exemples. Le premier s’est produit lors de Olonne-sur-Mer | Redon, après un coup de tête donné de Mark Cavendish à Thor Hushovd, les commissaires ont choisi de les déclasser tous les deux. Sanction encore plus grave, et pouvant avoir de plus grandes conséquences - telle celle de la non dispute du sprint à Spa en 2010, empêchant alors à Thor Hushovd de prendre 20 points, points qui lui auraient permis de prendre le vert à Paris – le déclassement de Tom Boonen, désormais hors course, et de José Joaquin Rojas durant le 5° étape menant les coureurs de Carhaix à Cap Fréhel. Le champion d’Espagne paye le fait que le Belge ne garde pas sa ligne lors du sprint (faute qui ne semble pourtant pas énormément grave) et perd ses points gagnés, points qui pourraient s’avérer importants pour le classement final à Paris. Ironie du sort, l’Espagnol était monté sur le podium à Cap Fréhel pour se revêtir de vert, la décision ayant été prise après la cérémonie officielle, l’Espagnol a eu la mauvaise surprise d’apprendre qu’en fin de compte il ne l’aurait pas à Dinan, au départ, merci Mr Pescheux.
Il s’est alors plaint qu’aucun commissaire n’ait remarqué une faute bien plus grave qu’aurait selon lui commis Alessandro Petacchi à 1500m du sprint intermédiaire : il lui aurait donné un coup de poing dans le foie. Attaque à laquelle l’Italien répond que s’il avait pu le faire il l’aurait fait, « Rojas est un merde ». Telles sont les histoires qui peuvent entourer la lutte pour le maillot vert.
Entre chutes, déclassements, échappées au long cours, et arrivées qui ne se font pas en sprint massif, la bagarre pour le maillot vert reste incertaine. Bagarre dans laquelle apparaît Philippe Gilbert, qui était dans les paris de peu de personnes lors du grand départ au passage du Gois pour le gain de ce maillot, le Belge qui pourrait peut-être bien être la surprise de ce Tour puisque maintenant son objectif est de gagner des points pour le gagner.
Encore deux semaines, deux semaines pour connaître qui sera le vainqueur de cette émeraude, vainqueur que peu de personnes annoncent avec certitude tant son obtention est incertaine. C’est bien ce qui fait la beauté de cette autre bagarre d’un autre genre en parallèle avec celle pour le classement général qui a, elle, à peine commencé !
Article réalisé par Chloé Lemarchand l Image : AFP